Farc et gouvernement d’accord pour tenter de sauver l’accord de paix

COLOMBIE Co-signataires de l’accord mais privées des honneurs, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont « félicité » le lauréat Juan Manuel Santos...

20 Minutes avec AFP
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Le président colombien Juan Manuel Santos (à g.) et le chef des Farc Timochenko (à dr.) après la signature de l'accord, en présence du président cubain Raul Castro, à Carthagène, le 26 septembre 2016
Le président colombien Juan Manuel Santos (à g.) et le chef des Farc Timochenko (à dr.) après la signature de l'accord, en présence du président cubain Raul Castro, à Carthagène, le 26 septembre 2016 — LUIS ACOSTA / AFP

La guérilla des Farc et le gouvernement colombien se sont engagés ce vendredi à maintenir un cessez-le-feu « bilatéral et définitif » et à apporter des « ajustements » à l’accord de paix pour tenter de le préserver malgré son rejet par référendum en .

« Nous réitérons notre engagement […] à maintenir le cessez-le-feu bilatéral et définitif décrété le 29 août dernier », indique un communiqué commun des négociateurs, qui mènent depuis fin 2012 des pourparlers de paix à La Havane.

Rejet surprise de l’accord de paix par les Colombiens

Le document a été publié quelques heures après l’annonce de .

Les parties, qui n’ont pas fait mention de la récente décision du président de ne maintenir le cessez-le-feu que jusqu’au 31 octobre, ont convenu de mettre en place un « protocole » visant à « prévenir tout incident » sur le terrain le temps de résoudre la crise provoquée par le rejet surprise de l’accord de paix par les Colombiens.

Un mécanisme « tripartite » composé par l’ONU, le gouvernement et la guérilla « aura la charge de surveiller et vérifier » le respect de ce protocole et les « règles qui régissent » la fin des affrontements armés, ajoute le texte, qui demande aux Nations unies d'« autoriser » l’activation immédiate de sa mission initialement prévue pour surveiller l’application de l’accord de paix.

« Ne pas retomber dans la guerre »

Tout en prenant acte du résultat du référendum de dimanche, qui annule de fait l’accord signé le 26 septembre, les négociateurs ont indiqué qu’ils consulteraient « les différents secteurs de la société », au cours d’un « processus rapide et efficace », pour « définir rapidement une issue ».

« Les propositions d’ajustements […] qui résultent de ce processus seront discutées » par le gouvernement et la guérilla, précise le texte.

Devant la presse, le chef négociateur du gouvernement Humberto De la Calle a souligné que « tout ajustement ou précision à l’accord final devra résulter d’un dialogue constructif ». « La Colombie ne veut pas retomber dans la guerre », a-t-il assuré.

Les Farc félicitent le lauréat

Peu après l’attribution du prix Nobel de la paix au président Santos, la présidente du comité norvégien, Kaci Kullmann Five, a dit espérer que ce prix « encouragera toutes les bonnes initiatives et tous les acteurs qui pourraient jouer un rôle décisif dans le processus de paix et apporter enfin la paix à la Colombie après des décennies de guerre ».

Co-signataires de l’accord mais privées des honneurs,  ont « félicité » le lauréat vendredi, souhaitant que ce prix « insuffle au président Santos la force de donner vie à l’accord (de paix) final et dignité à tous les Colombiens ».

Au fil des décennies, le complexe conflit armé colombien a impliqué les Farc, issues en 1964 d’une insurrection paysanne, mais aussi d’autres guérillas d’extrême gauche, des milices paramilitaires d’extrême droite et les forces armées. Il a fait plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés par la violence.