VIDEO. Prix Nobel de la paix: Juan Manuel Santos, un ex-journaliste fan de Churchill

PORTRAIT Le président colombien a risqué tout son capital politique pour mettre fin à un demi-siècle de guerre fratricide, un rêve qu’il s’est engagé à ne jamais abandonner...

20 Minutes avec AFP

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Le président colombien Juan Manuel Santos avec sa famille pour le vote du référendum pour la paix le 2 octobre 2016
Le président colombien Juan Manuel Santos avec sa famille pour le vote du référendum pour la paix le 2 octobre 2016 — MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Un leadership courageux tourné vers la paix. Le président colombien Juan Manuel Santos, qui a reçu le prix Nobel de la Paix vendredi, a risqué tout son capital politique pour mettre fin à un demi-siècle de guerre fratricide, un rêve qu’il s’est engagé à ne jamais abandonner. « Je continuerai à rechercher la paix jusqu’à la dernière minute de mon mandat parce que c’est le chemin à suivre pour laisser un pays meilleur à nos enfants », déclarait encore dimanche ce chef d’Etat deux fois élu, en arborant à son revers son éternelle petite colombe blanche.

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Issu d’une famille de la haute société de Bogota

Une déclaration alors que les Colombiens venaient de rejeter majoritairement par référendum l’accord de paix avec la guérilla des Farc, le jugeant trop favorable pour les guérilleros. « Le président a fait preuve d’un leadership courageux. Courageux car il a préféré la paix à l’inertie de la guerre. Courageux parce qu’il s’est soumis à la décision des citoyens », soulignait en début de semaine Humberto de la Calle, chef des négociateurs avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). L’accord historique qu’il a obtenu  est le résultat de près de quatre années de pourparlers délocalisés à Cuba a été signé le 24 août.

Juan Manuel Santos, 65 ans, issu d’une famille de la haute société de Bogota, a débuté en politique en 1991. D’abord journaliste, il avait remporté le prix du roi d’Espagne pour ses chroniques sur la révolution sandiniste au Nicaragua. Ce travail « nous a profondément marqués », a-t-il dit un jour à propos de cette investigation menée avec son frère Enrique, autre acteur clé du processus de paix entamé officiellement avec les Farc en 2012, mais secrètement mené dès l’accession au pouvoir de Juan Manuel Santos en 2010.

Admirateur de Churchill, Roosevelt et Mandela

Le président a toujours affirmé qu’il ne cherchait pas une récompense pour son combat pour la réconciliation de la Colombie, déchirée par des décennies d’une confrontation entre guérillas d’extrême gauche, paramilitaires d’extrême droite et forces armées, qui a fait plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés. Admirateur de Winston Churchill, Franklin D. Roosevelt et Nelson Mandela, lecteur vorace et cinéphile, Juan Manuel Santos a toujours dit que sa force venait de sa famille, fondée en 1988 avec Maria Clemencia Rodriguez, surnommée « Tutina » et mère de leurs trois enfants.