Grande-Bretagne: La nouvelle dirigeante du parti anti-immigration Ukip démissionne au bout de 18 jours

GRANDE-BRETAGNE Un crachat reçu dans le train, la santé de son mari ou des réticences à mener le parti sans garantie sur son financement pourraient expliquer ce départ, selon la presse britannique...

M.C. avec AFP

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L'ancienne dirigeante du Ukip Diane James dans le sud de l'Angleterre, le 4 octobre 2016.
L'ancienne dirigeante du Ukip Diane James dans le sud de l'Angleterre, le 4 octobre 2016. — DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

Nouveau rebondissement à la tête du Ukip. Diane James, la dirigeante du parti britannique anti-immigration, a présenté sa démission après 18 jours seulement, un développement inattendu qui survient après le départ surprise de l’emblématique Nigel Farage et l’exclusion du favori à sa succession Steven Woolfe.

« Il est devenu évident que je n’ai pas assez d’autorité, ni le soutien de tous mes collègues membres du Parlement européen et des responsables du parti, pour mettre en œuvre les changements que j’estime nécessaires et sur lesquels j’ai basé ma campagne », a expliqué Diane James sur son compte Twitter. « Pour des raisons personnelles et professionnelles, en conséquence, je ne continuerai pas le processus électoral » pour finaliser sa prise de fonction, a-t-elle ajouté, précisant qu’elle restait députée européenne sous la bannière du parti.

Crachat

Selon le Times, elle serait sous le choc après avoir reçu un crachat dans un train la semaine précédente et avait également des réticences à mener le parti sans garantie sur son financement. Pour d’autres médias, ce sont les problèmes de santé de son mari qui l’ont poussée à se retirer.

Le président de l’Ukip Paul Oakden a pris acte « avec regrets » de cette décision, précisant qu’il convoquerait d’urgence le Comité exécutif national (NEC) du parti pour préparer un nouveau processus électoral interne. Le député européen conservateur Sajjad Karim a affirmé sur Twitter avoir « pu sentir le malaise » lors d’une conversation avec Diane James.

Diane James avait été choisie par les militants de l’Ukip pour prendre les rênes de ce parti après le retrait de Nigel Farage. Le cofondateur de l’Ukip en 1993, avait, à la surprise générale, annoncé sa démission quelques jours après le vote des Britanniques en faveur d’une sortie de leur pays de l’Union européenne, le 23 juin, estimant sa mission « accomplie ».

Nigel Farage ne reviendrait « pas pour dix millions de dollars »

La députée européenne de 56 ans, a travaillé pendant 30 ans dans le secteur de la santé. Porte-parole de l’Ukip, elle s’était engagée à faire de sa formation politique le « parti officiel de l’opposition » à la place du Parti travailliste après les prochaines législatives de 2020.

Sa démission soulève la question d’un éventuel retour de Nigel Farage à ce poste, bien que celui-ci ait exclu une telle possibilité. « Pas pour dix millions de dollars », a déclaré Nigel Farage à l’agence britannique Press Association, alors que sa succession a d’ores et déjà connu son lot de turbulences.

Un autre successeur possible pourrait être Steven Woolfe, député européen qui avait été le grand favori pour la présidence mais a été exclu du scrutin début août pour avoir remis son dossier de candidature avec 17 minutes de retard, évoquant des problèmes d’ordinateur.