Yémen: L'ex-otage franco-tunisienne Nourane Houas a été victime d'une «entreprise criminelle»

CONFLIT Cela faisait dix mois que la jeune femme était retenue prisonnière…

G. N. avec AFP

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La Franco-tunisienne travaillait pour le Comité international de la Croix Rouge quand elle a été kidnappée.
La Franco-tunisienne travaillait pour le Comité international de la Croix Rouge quand elle a été kidnappée. — Fabrice Coffrini AFP

L’otage franco-tunisienne Nourane Houas, détenue au Yémen depuis décembre dernier, a été libérée et transférée lundi soir à Mascate, a annoncé le sultanat d’Oman en affirmant avoir contribué au dénouement de ce rapt. Le ministère des Affaires étrangères omanais a indiqué avoir réussi « à la demande des autorités françaises, sur instruction du sultan Qabous et en coordination avec certaines parties yéménites, à retrouver l’otage et à la transférer lundi soir au sultanat en attendant son rapatriement ».

« Il s’agissait d’une entreprise criminelle à but lucratif », ont indiqué ce mardi des sources diplomatiques à Mascate, ajoutant toutefois qu’il y avait « peut-être des accointances » entre les ravisseurs qui exigeaient une rançon et certains militants politiques.

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Le porte-parole du ministère omanais, cité par l’agence officielle ONA, n’a pas identifié les parties yéménites qui ont collaboré à la libération de l’ex-otage. Employée du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Nourane Houas avait été enlevée à Sanaa, la capitale yéménite sous contrôle des rebelles chiites Houthis en décembre dernier.

Enlevé le 1er décembre 2015

Le CICR a confirmé sur Twitter la libération de Nourane Houas : « Notre collègue Nourane Houas vient d’être libérée après 10 mois de captivité au Yémen, et elle est en route pour Mascate ». La jeune femme, responsable d’un programme de protection humanitaire au sein de la mission de l’ONG au Yémen, a été enlevée le 1er décembre de l’année dernière en même temps qu’un employé yéménite du CICR, relâché quelques heures plus tard.

En août, de nombreux Tunisiens ont appelé sur les réseaux sociaux à ne pas oublier Nourane Houas, après la diffusion d’une nouvelle vidéo de l’otage. Le CICR avait indiqué ne pas vouloir « spéculer sur l’identité des ravisseurs ni commenter davantage la vidéo », « implorant ses ravisseurs à la libérer saine et sauve ». La jeune femme était déjà apparue il y a quelques mois dans une vidéo où elle s’adressait au président français François Hollande, au président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi et aux responsables du CICR.

les bons offices du sultanat

Le sultanat d’Oman, qui garde des relations avec tous les protagonistes du conflit yéménite, a joué le rôle d’intermédiaire dans la libération de nombreux étrangers détenus dans ce pays. Mascate est en bons termes avec les rebelles Houthis qui ont saisi le pouvoir dans le nord du Yémen et le gouvernement reconnu par la communauté internationale du président Abd Rabboi Mansour Hadi soutenu par une coalition conduite par l’Arabie saoudite.