Le gouvernement colombien et les Farc décidés à sauver la paix

COLOMBIE Malgré le rejet des Colombiens de l'accord de paix avec les Farc...

20 Minutes avec AFP

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Un journal colombien annonçant la victoire surprise du
Un journal colombien annonçant la victoire surprise du — LUIS ROBAYO / AFP

La fin du conflit armé reste l’objectif commun du gouvernement de Colombie et la guérilla des Farc. Le président Juan Manuel Santos a annoncé lundi une nouvelle phase de dialogue avec les Farc, malgré le camouflet infligé la veille avec le rejet inattendu par référendum de l'accord de paix.

«J'ai demandé à Humberto de la Calle, que j'ai confirmé comme chef négociateur (...), d'entamer les discussions qui nous permettront d'aborder tous les thèmes nécessaires afin d'aboutir à un accord et au rêve de toute la Colombie d'en finir avec la guerre avec les Farc», a-t-il déclaré dans la soirée lors d'un discours télévisé.

Le chef suprême de la guérilla colombienne des Farc, Timoleon Jiménez, s'était un peu plus tôt dit prêt à « rectifier » l’accord de paix noué avec le gouvernement qui a été rejeté à la surprise générale par les Colombiens lors d’un référendum dimanche.

« Nous sommes en train d’analyser dans le calme les résultats pour continuer, car cela ne signifie pas que la bataille pour la paix a été perdue », a assuré «Timochenko» à W Radio à La Havane, lieu des négociations pendant près de quatre ans.

La fin du conflit comme objectif

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) « prépareront des initiatives » pour mener « de l’avant ce processus », malgré la victoire du « Non » : ce résultat « nous donne plus d’enthousiasme, nous engage beaucoup plus, car de toute façon il y a plusieurs lectures et il faut les analyser pour voir en quoi il faut rectifier » cet accord, a-t-il déclaré.

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Timoleon Jiménez a affirmé que la principale guérilla de Colombie et le gouvernement gardent malgré tout le « même objectif » de mettre fin à un conflit vieux de 52 ans et responsable de millions de victimes, décédées, disparues ou déplacées.

Timochenko et Juan Manuel Santos avaient signé il y a une semaine à Carthagène des Indes (nord) l’accord historique de paix, mais pour entrer en vigueur, le « Oui » devait l’emporter au référendum organisé dimanche.

Alors que la plupart des sondages prédisaient un résultat dans ce sens, c’est finalement le « Non » qui l’a emporté, à 50,21 % des suffrages contre 49,78 % pour le « Oui », dans un scrutin marqué par une forte abstention, de 62 %.

Victoire surprise du « Non »

Le camp du « Non » avait été mené par l’ex-président Alvaro Uribe, avec comme principaux arguments que les guérilleros devaient tous effectuer un minimum de prison (l’accord prévoyant des peines alternatives pour ceux avouant leurs crimes) et ne devaient pas exercer de postes publics.

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Le référendum a été influencé par « une polarisation soutenue de manière presque artificielle », a estimé lundi Timochenko, assurant que son mouvement étudiera comment inclure, dans cette « bataille pour la paix », ces « plus de 60 % » de Colombiens qui n’ont pas voté.

Le négociateur de la guérilla Pablo Catatumbo a pour sa part affirmé sur Twitter que le résultat de dimanche « n’est pas une hécatombe » : « C’est seulement un faux pas dans cette longue lutte de notre peuple pour parvenir à la paix définitive. »