Les Hongrois appelés aux urnes pour un référendum anti-migrants

HONGRIE Si le « non » l’emporte, la Hongrie se considèrera affranchie de toute obligation vis-à-vis de l’UE…

20 Minutes avec AFP

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Viktor Orban quittant l'isoloir le 2 octobre 2016 à Budapest.
Viktor Orban quittant l'isoloir le 2 octobre 2016 à Budapest. — Vadim Ghirda/AP/SIPA

Les Hongrois ont commencé à voter dimanche à l’occasion d’un référendum que le Premier ministre Viktor Orban veut transformer en plébiscite pour sa politique anti-migrants et en pied-de-nez à la volonté de l’Union européenne de répartir les réfugiés entre Etats membres. Quelque 8,3 millions d’électeurs sont appelés à répondre à la question « Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non-hongrois en Hongrie sans l’approbation du Parlement hongrois ? »

Les bureaux de vote ont ouvert à 6h locales et fermeront à 19h. Budapest n’a proposé à ce jour aucune place d’accueil et se considèrera, si le non l’emporte, définitivement affranchie de toute obligation de contribuer à l’effort européen de répartition des migrants arrivant sur le continent.

La Commission européenne estime que le vote n'aura aucun impact

Dans une tribune publiée samedi et destinée à mobiliser le camp du non, donné largement gagnant par les sondages, Viktor Orban a estimé que les Hongrois avaient « le devoir » d’aider le gouvernement à combattre les décisions de « l’élite à Bruxelles ». « Avec le référendum, nous pouvons envoyer un message à chaque Européen : leur dire que cela dépend de nous, les citoyens européens, de ramener l’UE à la raison, dans un effort commun, ou de la laisser se désintégrer », a souligné le dirigeant.

La Commission européenne affirme que le scrutin n’aura aucun impact juridique sur les engagements adoptés. « Les Etats membres ont la responsabilité légale d’appliquer les décisions prises », a rappelé le commissaire aux Migrations Dimitris Avramopoulos. En pratique, le plan de répartition de 160.000 demandeurs d’asile entre les 28 Etats membres adopté il y a un an est largement resté lettre morte, seuls quelques milliers de personnes ayant été « relocalisées ».

Scrutin nul si l’abstention dépasse les 50%

Mais les responsables européens redoutent que le référendum hongrois ne porte un nouveau coup à une UE déjà malmenée par une succession de chocs, de la crise migratoire au Brexit. « Si des référendums sont organisés sur chaque décision des ministres et du Parlement européen, l’autorité de la loi est en danger », s’est alarmé cet été Jean-Claude Juncker, le président de la Commission.

Les sondages donnent le non largement vainqueur, un résultat à même de conforter politiquement Viktor Orban en Hongrie et de peaufiner son image de meneur du camp populiste anti-immigration en Europe. La seule inconnue et le seul risque politique pour lui réside dans le taux de participation : pour que le scrutin soit valide, le nombre de votes exprimés doit en effet représenter au moins 50 % des inscrits.