De plus en plus d'abus sexuel d'enfant en direct sur Internet

INTERNET La maltraitance d’enfant en direct à distance est une menace grandissante, a averti Europol...

20 Minutes avec AFP

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Homme utilisant un ordinateur.
Homme utilisant un ordinateur. — Superstock/Sipa

Les enfants vulnérables sont de plus en plus victimes de prédateurs sexuels, a alerté ce mercredi Europol. L’Office européen des polices a souligné que l’abus sexuel d’enfant en ligne et le harcèlement sexiste, ou « revenge porn », sont en hausse sur Internet.

Le cybersexisme atteint des niveaux très élevés

« La maltraitance d’enfant en direct à distance est une menace grandissante », a indiqué l’Office dans son dernier rapport annuel sur l’évaluation de la menace du cybercrime organisé.

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Ce genre de crime diffusé en flux continu « implique un agresseur dirigeant l’abus en direct à un moment spécifique pré-établi à travers des plateformes de partage vidéo », a précisé Europol dans son rapport de 72 pages.

« L’abus peut être "adapté" aux exigences du ou des criminel(s) solliciteur(s) et enregistré », a ajouté l’office basé à La Haye.

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De manière générale, « le cybercrime par son ampleur, les différents secteurs qu’il touche et ses dommages humains et matériels », selon un communiqué d’Europol, « a atteint des niveaux très élevés ».

Une hausse du « revenge porn »

Les activités les plus illégales se déroulent sur le « darknet », partie obscure d’Internet cryptée et non référencée dans les moteurs de recherche classiques qui offre un plus grand degré d’anonymat à ses utilisateurs.

Alors que les groupes responsables d’abus d’enfant en direct étaient autrefois davantage basés en Asie du Sud-Est, particulièrement aux Philippines, « ce phénomène s’étend maintenant à d’autres pays ».

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« Les régions du monde aux niveaux élevés de pauvreté, aux mesures de protection des mineurs limitées et au contact aisé avec les enfants sont ciblés par les malfaiteurs », a précisé l’Office européen des polices, sans toutefois citer de pays en particulier.

D’après Steven Wilson, responsable du centre de cybercriminalité d’Europol (EC3), les enquêteurs remarquent également une hausse du « revenge porn », qui consiste à diffuser publiquement sur les réseaux sociaux la photo intime d’un ex-conjoint.

Des campagnes contre le cybersexisme lancées à travers l’Europe

Pour lutter contre ces menaces, une série de vidéos d’information concernant les dangers de l’abus sexuel en ligne seront bientôt diffusées auprès des écoles de plusieurs pays européens.

Est également en hausse l’extorsion par piratage, des attaques au cours desquelles des données numériques sont bloquées par des pirates informatiques qui réclament ensuite de l’argent en échange du code de déblocage des données.

De particuliers et petites entreprises, les victimes du « ransomware » sont aujourd’hui devenues de grandes sociétés et même des institutions publiques, a rapporté Steven Wilson lors d’une interview à l’AFP.

« Nous avons vu des cas où les fichiers d’hôpitaux étaient bloqués, avec de potentielles conséquences fatales », a-t-il ajouté, faisant référence à une affaire en cours aux Etats-Unis.