VIDEO. Israël: Mort de Shimon Peres, ancien président et prix Nobel de la paix

ISRAEL Il a été l'un des principaux artisans des accords d'Oslo qui ont jeté les bases d'une autonomie palestinienne dans les années 1990...

M.C. avec AFP

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L'ancien président israélien Shimon Peres en Italie, le 2 septembre 2016.
L'ancien président israélien Shimon Peres en Italie, le 2 septembre 2016. — Riccardo Giordano Sicki/I/SIPA

Le prix Nobel de la paix et ancien président israélien Shimon Peres est mort dans la nuit de mardi à mercredi à l’âge de 93 ans, a annoncé son médecin personnel à l’Agence France Presse. Son état s’était aggravé mardi, deux semaines après un accident vasculaire cérébral.

C’est une figure historique qui disparaît avec Shimon Peres, dernier survivant de la génération des pères fondateurs de l’Etat d’Israël et l’un des principaux artisans des accords d’Oslo qui ont jeté les bases d’une autonomie palestinienne dans les années 1990 et lui ont valu le Nobel de la paix.

Dans un communiqué, François Hollande a rendu hommage à l’un des « plus ardents défenseurs de la paix » et « un ami fidèle » de la France. « Shimon Peres appartient désormais à l’Histoire, qui a été la compagne de sa longue vie », a écrit le président français. Barack Obama a lui salué un homme qui n’avait « jamais renoncé à la possibilité de la paix entre les Israéliens, les Palestiniens et les voisins d’Israël » et Bill Clinton a évoqué « un génie au grand coeur ».

Prix Nobel avec Yitzhak Rabin et Yasser Arafat

Shimon Peres avait reçu en 1994 le prix Nobel avec les dirigeants israélien Yitzhak Rabin et palestinien Yasser Arafat « pour leurs efforts en faveur de la paix au Moyen-Orient ». Dans son propre pays, après avoir été au cœur des grandes batailles de la courte histoire d’Israël et des farouches controverses d’un monde politique israélien féroce, il est devenu une personnalité largement consensuelle, considérée comme un sage de la nation.

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Premier ministre à deux reprises, entre 1984 et 1986 et en 1995-1996, puis président de 2007 à 2014, Shimon Peres a occupé pendant plus de 50 ans de vie publique de nombreux postes à responsabilité : Défense, Affaires étrangères, Finances… Entré en politique à 25 ans grâce à David Ben Gourion, fondateur d’Israël, il est aussi considéré comme le père du programme nucléaire israélien.

Photo non datée de Shimon Peres avec l'ancien président palestinien Yasser Arafat.
Photo non datée de Shimon Peres avec l'ancien président palestinien Yasser Arafat. - PPO / AFP

 

Une personnalité moins consensuelle en Palestine

Mais Shimon Peres n’a pas toujours été un homme de dialogue. Né à Vishneva en 1923, dans ce qui était alors la Pologne et aujourd’hui le Bélarus, arrivé onze ans plus tard en Palestine alors sous mandat britannique, Peres était l’ultime représentant d’une génération de dirigeants qui ont fait leurs premières armes, au propre comme au figuré, au moment de la création d’Israël.

Classé parmi les « faucons » travaillistes, Shimon Peres a cautionné, alors qu’il était ministre de la Défense dans les années 1970, les premières colonies juives en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé par Israël. Il était Premier ministre quand l’aviation israélienne a bombardé le village libanais de Cana, tuant 106 civils en avril 1996, ce qui lui a valu une traversée du désert.

« Avoir un Etat juif appelé Israël et un Etat arabe appelé Palestine »

Celui qui rejetait autrefois tout compromis avec les pays arabes hostiles disait avoir été converti après 1977 et la visite historique du président égyptien Anouar el-Sadate à Jérusalem conduisant au premier traité de paix arabo-israélien (1979). « Il n’y a pas d’alternative à la paix. Faire la guerre n’a pas de sens », disait-il en 2013. Le processus de paix a un « objectif clair » : avoir « un Etat juif appelé Israël et un Etat arabe appelé Palestine qui ne se combattraient pas mais vivraient ensemble dans l’amitié et la coopération ».

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Après la présidence, Shimon Peres était resté actif à travers son Centre Peres pour la paix, qui promeut la coexistence entre juifs et Arabes, au moment où les perspectives de règlement du conflit israélo-palestinien ont rarement été plus sombres. Mais il avait subi un coup d’arrêt avec deux alertes cardiaques en janvier.