VIDEO. Colombie: Signature historique d'un accord de paix avec les Farc

COLOMBIE Le pays a mis fin à un demi-siècle de conflit armé, qui a fait des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés...

M.C. avec AFP

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Le président colombien Juan Manuel Santos (à g.) et le chef des Farc Timochenko (à dr.) après la signature de l'accord, en présence du président cubain Raul Castro, à Carthagène, le 26 septembre 2016.
Le président colombien Juan Manuel Santos (à g.) et le chef des Farc Timochenko (à dr.) après la signature de l'accord, en présence du président cubain Raul Castro, à Carthagène, le 26 septembre 2016. — Luis ACOSTA / AFP

La Colombie a franchi lundi une étape clé de son histoire, à marquer d’une colombe blanche dans les livres d’histoire. En signant un accord de paix avec la guérilla des Farc, le pays a mis fin à un demi-siècle de conflit armé, qui a fait des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés. La paix, signée au terme de près de quatre ans de pourparlers menés à La Havane, doit encore être soumise au vote des Colombiens le 2 octobre prochain.

L’accord historique a été signé par d’anciens faucons qui ont fait de la paix leur fer de lance : le président Juan Manuel Santos et le chef des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre de Timoleon Jimenez et de Timochenko.

« Plus de guerre ! Plus de guerre ! »

Tous deux sont apparus vêtus de blanc, comme les 2.500 invités, dont 250 victimes du conflit (personnes enlevées ou blessées, proches,…), qui ont pu accéder à l’enceinte tendue de blanc et hautement sécurisée où se tenait cette émouvante cérémonie, à Carthagène des Indes, sur la côte caraïbe (nord).

Convié à parler en premier, Timochenko a salué « une nouvelle ère de réconciliation et de construction de la paix » et a pour la première fois demandé « pardon » à « toutes les victimes du conflit ».

« Plus de guerre ! Plus de guerre ! », a lancé a son tour le chef de l’Etat, repris en chœur par l’assistance. « Plus de morts (…) pour une guerre absurde », a-t-il affirmé, saluant la décision des Farc de « changer les balles pour les votes » par cet accord qui leur permet de se convertir en parti politique. « Bienvenue dans la démocratie ! », leur a-t-il souhaité, réaffirmant préférer « un accord imparfait, qui sauve des vies, à une guerre parfaite ».

Le président colombien a signé le document de 297 pages avec un « baligrafo », stylo fabriqué avec une balle du conflit. Et il a offert à Timochenko une broche représentant une colombe blanche, avec dans son bec un rameau d’olivier et un ruban aux couleurs jaune, bleu, rouge du drapeau colombien. Symbole dont était parée Carthagène.

L’Union européenne suspend les Farc de sa liste des organisations terroristes

Quinze chefs d’Etat latino-américains ont assisté à cette cérémonie inédite, à commencer par le Cubain Raul Castro, dont le pays a accueilli les négociations ayant abouti le 24 août à cet accord avec les Farc, sous les auspices aussi de la Norvège, du Venezuela et du Chili. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, était également à Carthagène, ainsi que le secrétaire d’Etat américain John Kerry, selon lequel la Colombie a franchi lundi « un pas de géant ».

La Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) a pour sa part appelé à l’instauration « de l’équité et de la justice qui restent à bâtir en Colombie ». De son côté, l’Union européenne a suspendu les Farc de sa liste des organisations terroristes après la signature officielle de l’accord de paix.

L’accord de paix encore suspendu au vote des Colombiens

L’ex-otage des Farc, Ingrid Betancourt, a pour sa part exprimé son « très grand soulagement » et salué « la fin d’un cauchemar ». « Heureusement c’est fini ! », a-t-elle déclaré par téléphone depuis la France.

Cette guerre interne, la plus ancienne d’Amérique latine, a impliqué au fil des décennies guérillas d’extrême gauche, paramilitaires d’extrême droite et armée, et officiellement fait quelque 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés. L’accord de paix, complexe et technique, encadre le désarmement des quelque 7.000 combattants de la guérilla et la transformation du mouvement en parti politique, processus qui seront engagés seulement en cas de succès du référendum.