IVG: Le Parlement conservateur polonais se penche sur une interdiction totale

SOCIETE Il a décidé de poursuivre les travaux sur une proposition de loi interdisant totalement l'avortement et a écarté celle destinée à libéraliser la loi actuelle, l'une des plus restrictives en Europe...

20 Minutes avec agences

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Des pro-IVG manifestent devant le Parlement à Varsovie (Pologne), le 22 septembre 2016.
Des pro-IVG manifestent devant le Parlement à Varsovie (Pologne), le 22 septembre 2016. — Alik Keplicz/AP/SIPA

En Pologne, le débat sur l’avortement fait rage au sein du Parlement conservateur. A la suite du vote en ce sens d’une forte majorité des députés, la proposition d’initiative citoyenne déposée par le comité « Stop Avortement » a été envoyée à la Commission de la Justice et des Droits de l’Homme.

Les travaux vont donc se poursuivre concernant ce projet, qui prévoit de bannir totalement le recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), à une exception près, à savoir lorsque la vie de la femme enceinte est en danger immédiat.

Un demi-million de signatures

La version actuelle prévoit une peine de prison pouvant atteindre cinq ans, tant pour les médecins et autres personnes participant à l’IVG, que pour les patientes elles-mêmes, mais autorise le juge à renoncer à punir ces dernières. Elle a recueilli près d’un demi-million de signatures.

De leur côté, les évêques polonais, qui appuient le principe général d’interdiction, se sont également prononcés contre une sanction pénale contre les femmes ayant subi l’IVG.

La proposition des pro-IVG rejetée en première lecture

Dans le même temps, le Parlement a, à l’inverse, écarté le texte « Sauvons les femmes », pour lequel ses promoteurs ont déclaré avoir réuni quelque 215.000 signatures. Il prévoyait d’autoriser l’IVG sans conditions jusqu’à la 12e semaine de la grossesse mais a été définitivement rejeté en première lecture.

Actuellement, la loi polonaise en vigueur, l’une des plus restrictives de l’Union européenne, autorise l’avortement dans trois cas : lorsqu’il représente un risque pour la vie ou la santé de la mère, quand l’examen prénatal indique une grave pathologie irréversible chez l’embryon et lorsque la grossesse résulte d’un viol ou d’un inceste.