L'état d'urgence proclamé dans la capitale géorgienne

CAUCASE 109 personnes ont été hospitalisées après des violences avec la police mercredi; la Russie est très en colère…

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Les manifestants, ainsi que leurs tentes, avaient été délogés au début de la matinée de l'artère centrale de la ville, l'avenue Roustaveli. Revenus en force, ils ont rompu un cordon de police, qui a commencé à les frapper à coups de matraque. Les opposants ont alors riposté en jetant pierres, bouteilles et bâtons.
Les manifestants, ainsi que leurs tentes, avaient été délogés au début de la matinée de l'artère centrale de la ville, l'avenue Roustaveli. Revenus en force, ils ont rompu un cordon de police, qui a commencé à les frapper à coups de matraque. Les opposants ont alors riposté en jetant pierres, bouteilles et bâtons. — Zviad Nikolaishvili AFP

La situation se tend considérablement dans l'Etat caucasien de Géorgie. Le président Mikheïl Saakachvili a décrété mercredi soir l'état d'urgence à Tbilissi pour une durée indéterminée (et non pour 48 heures, comme spécifié précédemment) après que de violents heurts ont opposé mercredi la police à des milliers de manifestants qui réclament depuis six jours la démission du président. L'état d'urgence «sera levé quand la situation redeviendra normale», a promis le Premier ministre.

Peu avant, la chaîne Imedi Television, proche de l'opposition, a cessé d'émettre juste après qu'un présentateur a annoncé que des forces spéciales étaient entrées dans le bâtiment.

Côté rue, les forces anti-émeutes ont tiré des balles en caoutchouc et utilisé gaz lacrymogènes et canons à eau, plongeant la capitale de cette ex-république soviétique dans le chaos. Toute la journée, des accrochages se sont produits à divers endroits de la capitale après la dispersion de la manifestation sur l'artère principale de la ville, l'avenue Roustaveli. Le calme semblait toutefois rétabli dans la soirée. Le ministère de la Santé a indiqué que 360 personnes avaient demandé une aide médicale et que 109 avaient été hospitalisées.

Le mouvement de contestation a pris forme ces derniers jours après l'arrestation le 27 septembre de l'ex-ministre de la Défense Irakli Okrouachvili après que ce dernier a accusé le président d'avoir commandité le meurtre de personnalités.

Les dirigeants de l'opposition ont assuré que les rassemblements allaient se poursuivre.

Une crise politique doublée d'une crise diplomatique

En fin de journée, le président pro-occidental Saakachvili a accusé les services spéciaux russes d'être «impliqués» dans les troubles et a annoncé l'expulsion de plusieurs collaborateurs de l'ambassade de Russie à Tbilissi. «La Géorgie fait face à des troubles et des hauts responsables des services spéciaux russes sont impliqués. Certains d'entre eux sont en Géorgie, d'autres à Moscou. Certains collaborateurs de l'ambassade se sont livrés à des activités subversives, d'espionnage. Ils vont être déclarés persona non grata et quitter la Géorgie dans les jours qui viennent», a-t-il accusé. Provoquant une grave crise diplomatique. Moscou a immédiatement parlé d'une «provocation irresponsable» et promis une réponse «appropriée».

Les relations n'ont jamais été au beau fixe entre Tbilissi et Moscou, accusé de soutenir les séparatismes dans les régions géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud.