Les francophones de Bruxelles privés de candidats aux législatives?

BELGIQUE Des députés flamands ont voté un projet de scission...

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Le vote, diffusé en direct sur plusieurs chaînes de télévision, francophones et néerlandophones, est intervenu juste après que les députés francophones eurent quitté les lieux en signe de protestation.
Le vote, diffusé en direct sur plusieurs chaînes de télévision, francophones et néerlandophones, est intervenu juste après que les députés francophones eurent quitté les lieux en signe de protestation. — Eric Vidal AFP/BELGA

Un pas de plus dans la crise. Alors que la Belgique n’a toujours pas, depuis 150 jours, de gouvernement, mercredi, comme on pouvait s’y attendre, les députés flamands ont voté en commission un projet de loi prévoyant la scission de l’arrondissement électoral «Bruxelles-Hal-Vilvorde» (BHV), qui réunit Bruxelles, ville majoritairement francophone, et 35 communes flamandes. Ce projet supprime certains droits pour les francophones, notamment celui de voter pour des candidats francophones aux législatives.

Le vote est intervenu peu après 14h30, alors que les députés francophones avaient quitté les lieux en signe de protestation.

«On ne peut évidemment pas accepter qu'une communauté belge agresse de manière aussi brutale une autre communauté. Aujourd'hui, les Flamands rompent cet équilibre de manière brutale. Nous sommes dans quelque chose qui s'apparente à une crise de régime», a déclaré Yvan Mayeur, député francophone socialiste, membre de cette commission.

Dédramatiser

Plusieurs responsables politiques, francophones et flamands, ont cependant semblé dédramatiser les conséquences de ce vote, qui relance les spéculations sur les risques d'une scission de la Belgique.

Le leader libéral francophone, Didier Reynders, a convoqué une réunion de tous les partis francophones. Néanmoins, il semblait qu’il souhaitait la poursuite des négociations pour tenter de former un gouvernement de coalition réunissant flamands et francophones.

Mais il a évoqué des changements possibles «autour de la table», où se retrouvaient jusqu'ici chrétiens-démocrates et libéraux (d'où une coalition dite «orange-bleue») des deux communautés linguistiques sous la houlette du leader chrétien-démocrate flamand Yves Leterme.

«Je souhaite en tout cas qu'il y ait un gouvernement», a-t-il déclaré après le vote au micro de la RTBF. «Maintenant avec qui autour de la table (...), c'est au roi (Albert II) de voir.»