VIDEO. Venezuela: Bébés dans des cartons, animaux dévorés… Par-delà les images chocs, quelle est la situation du pays?

VRAI/FAUX Au Venezuela, les bébés naissent dans des cartons et les animaux meurent dans les zoos, symboles de la grande pauvreté qui s’étend…

O. G.

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Capture d'écran d'une photo de lit en carton pour des nouveau-nés au Venezuela, posté par Manuel Fereira.
Capture d'écran d'une photo de lit en carton pour des nouveau-nés au Venezuela, posté par Manuel Fereira. — Manuel Fereira

Des cartons pour tout berceau. L’image a fait réagir la twittosphère depuis mardi et symbolise la pauvreté et le système D qui s’étendent au Venezuela. La situation du pays devient chaque jour plus compliquée selon les maigres informations qui nous parviennent. Mais dans un pays où pouvoir et opposition se livrent une guerre médiatique, difficile de connaître la réalité du quotidien derrière les clichés. 20 Minutes revient sur trois faits récents et symboliques d’un pays qui sombre dans la crise.

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Les bébés dans des cartons. La photo a choqué. Les hôpitaux vénézuéliens manquent de tout : médicaments, médecins… et couveuses. Pour dénoncer cette pénurie, Manuel Ferreira, un avocat et militant de la Table de l’Union Démocratique a publié mardi sur Twitter une photo de six nouveau-nés dormant dans des cartons. Une simple couverture, aucune protection contre les bactéries, une feuille avec leur nom affiché…

Mais le cliché a soulevé bien des critiques. L’hôpital Dr Domingo Guzman Lander à Barcelon, où a été prise la photo, riposte sur Twitter avec une photo de couveuses en bonne et due forme. Et le directeur assure que les nouveau-nés ne sont pas soignés dans des cartons. Reconnaissant tout de même que cette situation existait, mais de façon isolée.

Si l’image ne reflète sans doute pas l’état de tous les hôpitaux du pays, les pénuries se multiplient. Selon une enquête menée en août 2016, si l’on en croit la chaîne vénézuélienne Noticias Caracol, 76 % des médicaments nécessaires manquent et 81 % des instruments médicaux sont défectueux. Mi-août, ce sont des cercueils en carton qui s'apprêtaient à être commercialisés en réponse à la flambée du prix du bois, qui rendait les services funéraires inaccessibles aux Vénézuéliens.

 

Des animaux du zoo dévorés. Autre information choquante : les Vénézuéliens qui sont de plus en plus nombreux à souffrir de la faim dévorent les animaux du zoo. En réalité, les médias vénézuéliens rapportent une seule affaire de ce type. Au zoo de Caricuao, le 24 juillet, plusieurs personnes ont kidnappé un cheval noir, l’ont tué et démembré « pour le dépouiller de sa chair » selon l’enquête.

Ce qui semble plus banal, c’est la disparition des animaux de plusieurs zoos… car ils meurent de faim. Selon actulatino, le responsable de l’Institut vénézuélien des parcs et des zoos a affirmé que des tapirs, des lapins, des oiseaux et des pécaris ont péri par la faim. En outre, le manque de nourriture a poussé les soignants à modifier le régime alimentaire des lions et des tigres, qui, au lieu de viande, s’alimentent de façon végétarienne avec des mangues et des courges.

Et les Vénézuéliens font également preuve d’imagination pour se nourrir malgré les pénuries : 60 % des produits de première nécessité manquent dans les rayons. Ils remplacent donc le maïs par la betterave ou la courge pour faire les arepas, spécialité du pays. « On bricole pour faire des miracles », résume cette Vénézuelienne dans cette vidéo de l’AFP.

 

Les enfants ont faim. Le gouverneur de l’Etat de Miranda, 2e état le plus peuplé du pays, a déclaré lundi dernier l’état d’urgence alimentaire en raison du « manque de nourriture » pour les écoles. Une décision qui permet de débloquer des ressources pour fournir des aliments aux écoles, maisons de retraites ou établissements pour handicapés, de développer la coopération avec les entreprises privées et les ONG du secteur. Henrique Capriles, qui est également le leader de l’opposition vénézuélienne, a ainsi pu rappeler la situation catastrophique du pays.

Mais les enfants ne sont pas les seuls à souffrir de la faim. D’après une étude réalisée par trois universités locales, près de la moitié (48,4 %) des Vénézuéliens vivaient sous le seuil de pauvreté en 2015 dont la moitié n’avaient pas assez pour se nourrir. Et la situation semble s’être encore détériorée cette année. Selon les dernières études, la pénurie touche 80 % des aliments et médicaments.