Les Flamands votent un texte hostile aux francophones

BELGIQUE Scission d'un arrondissement électoral, impossibilité de voter pour des candidats francophones aux législatives...

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Depuis les législatives du 10 juin, les négociations butent sur les dissensions entre francophones et Flamands. Ces derniers réclament non seulement la scission de BHV mais aussi une réforme de l'Etat belge augmentant l'autonomie des régions, dont la Flandre est la plus importante.
Depuis les législatives du 10 juin, les négociations butent sur les dissensions entre francophones et Flamands. Ces derniers réclament non seulement la scission de BHV mais aussi une réforme de l'Etat belge augmentant l'autonomie des régions, dont la Flandre est la plus importante. — Nina Francesca AFP/Belga

Un pas de plus dans la crise. Mercredi, des députés flamands ont voté en commission un projet de loi supprimant certains droits des francophones en périphérie flamande de Bruxelles.

Le vote est intervenu peu après 14h30 (13h30 GMT), juste après que les députés francophones eurent quitté les lieux en signe de protestation, selon les images retransmises en direct sur plusieurs chaînes de télévision, francophones et flamandes.

«Déclaration de guerre»

Les Flamands avaient amplement prévenu de leur intention de procéder à ce vote, tout comme les francophones avaient prévenu qu'ils le considèreraient comme un acte «très grave», voire une «déclaration de guerre» qui pourraient torpiller cinq mois d'efforts pour tenter de former un gouvernement fédéral.

Le texte adopté par la commission de l'Intérieur du Parlement belge, où les Flamands sont majoritaires puisqu'ils représentent 60% de la population belge, prévoit la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles Hal Vilvorde (BHV).

Cet arrondissement réunit Bruxelles, ville majoritairement francophone, et 35 communes flamandes de sa périphérie. S'il est effectivement scindé, ce que les francophones ont toujours refusé, les quelque 120.000 francophones vivant en périphérie flamande perdraient la possibilité de voter pour des candidats francophones aux élections législatives.

«On ne peut évidemment pas accepter qu'une communauté belge agresse de manière aussi brutale une autre communauté. Aujourd'hui, les Flamands rompent cet équilibre de manière brutale. Nous sommes dans quelque chose qui s'apparente à une crise de régime», a déclaré Yvan Mayeur, député francophone socialiste, membre de cette commission.

Dédramatiser

Plusieurs responsables politiques, francophones et flamands, ont cependant semblé dédramatiser les conséquences de ce vote, qui relance les spéculations sur les risques d'une scission de la Belgique.

Le leader libéral francophone, Didier Reynders, s'il a convoqué pour 17h00 (16h00 GMT) une réunion de tous les partis francophones, a semblé souhaiter la poursuite des négociations pour tenter de former un gouvernement de coalition réunissant flamands et francophones.

Mais il a évoqué des changements possibles «autour de la table», où se retrouvaient jusqu'ici chrétiens-démocrates et libéraux (d'où une coalition dite «orange-bleue») des deux communautés linguistiques sous la houlette du leader chrétien-démocrate flamand Yves Leterme.

«Je souhaite en tout cas qu'il y ait un gouvernement», a-t-il déclaré après le vote au micro de la RTBF. «Maintenant avec qui autour de la table (...), c'est au roi (Albert II) de voir.»