A Dubai, Alex a fait face à ses violeurs

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Alex, 15 ans, violé  à Dubaï, avec sa mère, devant le tribunal.
Alex, 15 ans, violé  à Dubaï, avec sa mère, devant le tribunal. — REUTERS/Steve Crisp

Un face-à-face douloureux et une bataille juridique qui ne fait que commencer. Alexandre, l’adolescent franco-suisse de 15 ans, violé à Dubaï en juillet, à été confronté mercredi à deux des trois Emiratis qu’il accuse. A l'issue de cette audience à huis clos, le procès qui se déroule devant un tribunal de Dubaï a été ajourné au 11 novembre.

La mère de l'adolescent, Véronique Robert, une journaliste indépendante d'origine suisse, a précisé que son fils avait témoigné dans des circonstances difficiles. «C'était très dur pour lui. Il a dû répondre aux questions du juge, du procureur, de son propre avocat et des avocats des deux accusés. Il a dû faire front aux accusés pendant une heure et demie. Il n'y avait pas d'interprète français, mais mon fils s'est bien débrouillé en anglais», a-t-elle dit. «Je suis venu parce que je n'ai honte de rien. J'ai dit la vérité, rien que la vérité», a déclaré l'adolescent, visiblement très ému. «Je remercie tous les gens qui ont commenté l'affaire sur le site», lancé le 23 octobre par sa mère, a-t-il dit.

Ce site demande le soutien du public et de personnalités pour que les Emirats reconnaissent dans leur droit le délit de viol de nature homosexuelle et se dotent de structures adéquates pour soigner les malades du sida. L'homosexualité est considérée comme un délit par la législation des Emirats et un homme victime d'un viol y court le risque d'être poursuivi en justice.

«Nous demandons aux autorités de Dubaï de s'excuser, de reconnaître publiquement leur erreur», avait déclaré Véronique Robert. Elle a introduit un recours judiciaire contre les gouvernements d'Abou Dhabi et de Dubaï en France et en Suisse pour avoir essayé de couvrir l'affaire.

Véronique Robert accuse également les autorités émiraties d'avoir «caché que l'un des agresseurs était séropositif». C'est l'un des avocats du jeune homme qui a appris début septembre par ses propres sources que l'un des accusés était séropositif, les autorités n'ayant pas mentionné ce fait auparavant. «Les autorités ne nous ont pas donné la chance de traiter notre fils par une trithérapie à l'étranger. Elles étaient au courant depuis 2003 que l'un des agresseurs était séropositif. Elles nous ont menti. Pourquoi? Parce que c'est un sujet tabou», a-t-elle ajouté.

L’affaire et sa médiatisation provoquent l'embarras croissant des autorités des Emirats, en particulier de celles de Dubaï, qui veulent faire du pays un centre touristique et des affaires d'importance mondiale.