Alex, 15 ans, violé à Dubaï se bat contre le droit émirati

Armelle Le Goff

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«C'est un petit bonhomme très courageux», dit sa mère, Véronique Robert, journaliste. Alex, 15 ans, a été violé par trois hommes, l'été dernier lors d'un séjour à Dubaï chez son père. Demain doit s'ouvrir dans l'émirat le procès de ses agresseurs. Malgré le risque d'être accusé d'homosexualité, un crime passible d'un an de prison, Alex y assistera aux côtés de ses parents. Depuis presque quatre mois, ils remuent ciel et terre pour que justice soit rendue. Soutenue par l'Elysée et le Quai d'Orsay, la famille n'a pourtant eu de cesse de se heurter aux limites de cette soi-disant vitrine moderne du monde arabe. Dans cette portion des Emirats arabes unis (EAU), où 90% de la population est étrangère, la justice reste une chimère. Encore plus lorsqu'il s'agit de tabous comme l'homosexualité ou le viol, qui n'existe pas comme délit dans le droit émirati.


«D'autres chats à fouetter»

Dès le dépôt de plainte par le père et son fils, le soir de l'agression le 14 juillet dernier, les autorités ont fait obstruction. Alex est même invité, par le médecin légiste qui l'examine, à «avouer» son homosexualité. A la fin septembre, l'avocat de la famille découvre que l'un des agresseurs d'Alex, trois Emiratis âgés de 17, 18 et 36 ans, est porteur du virus du sida. Les autorités le savent depuis 2003. Pour l'instant, Alex est séronégatif mais ne saura qu'en janvier s'il est totalement hors de danger. Ses parents ont donc également porté plainte pour mise en danger de la vie d'autrui. A l'ambassade des EAU à Paris, on a clairement indiqué à 20 Minutes «avoir d'autres chats à fouetter» que cette affaire qui «n'est peut-être même pas vraie».