République démocratique du Congo: 32 morts dans les violences à Kinshasa depuis lundi

RDC Il s’agit des pires violences enregistrées dans la capitale depuis janvier 2015...

20 Minutes avec AFP

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Des heurts ont opposés à Kinshasa jeunes et policiers antiémeute
Des heurts ont opposés à Kinshasa jeunes et policiers antiémeute — MUSTAFA MULOPWE / AFP

Trente-deux personnes ont été tuées ce lundi et mardi dans les violences entre manifestants, jeunes et forces de l'ordre ayant éclaté à Kinshasa, selon un bilan provisoire communiqué mercredi par la police. Un commissariat et douze sous-commissariats ont été pillés et incendiés ce mardi, a ajouté l'officier, qui a qualifié à plusieurs reprises d'«insurgés» les civils ayant commis des violences.

Il s’agit des pires violences enregistrées à Kinshasa depuis les émeutes antipouvoir de janvier 2015 au cours desquelles plusieurs dizaines de personnes avaient été tuées.

Des heurts opposent jeunes et police antiémeute

« La ville de Kinshasa vient de faire face à un mouvement insurrectionnel qui s’est soldé par un échec », avait affirmé ce mardi Évariste Bosha, le ministre de l'Intérieu de la République démocratique du Congo.

Un « Rassemblement » des principaux partis d’opposition avait appelé à manifester lundi dans tout le Congo pour signifier au président Joseph Kabila son « préavis », trois mois avant l’expiration de son mandat, le 20 décembre, et exiger la convocation de la présidentielle censée avoir lieu avant cette date. A Kinshasa, la manifestation devait commencer à 13h00 (12h00 GMT), mais plusieurs heurts ont opposé des jeunes armés de pierres à la police antiémeutes dans la matinée.

Tirs à balles réelles

Très véhéments, des groupes de quelques dizaines à plusieurs centaines de jeunes ont affronté les forces de l’ordre en lançant en français ou en lingala des « Kabila akende » (Kabila dégage !) ou « Kabila doit partir ».

Selon des journalistes de l’AFP, la police a d’abord riposté avec des gaz lacrymogènes, mais en fin de matinée, aux abords du Parlement, les policiers ont tiré à balles réelles.

Les autorités ont déploré plusieurs pillages et incendies criminels ayant visé des permanences de formations politiques de la majorité, ainsi que des bâtiments publics, comme des écoles, des tribunaux, des postes de polices.

Selon des sources de sécurité privées, plusieurs banques ont été pillées, dans des quartiers sud, de même que des magasins tenus par des Chinois. Plusieurs « églises de réveil » (sectes protestantes) ont également fait les frais de ces pillages, selon des habitants.

Une situation « très dangereuse et extrêmement préoccupante »

A la suite de ces violences, les autorités ont décidé d’annuler la manifestation, a indiqué à l’AFP le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a jugé lundi la situation en République démocratique du Congo « très dangereuse et extrêmement préoccupante ».

Le département d’Etat américain et le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon ont de leur côté appelé lundi au calme et à la retenue après les manifestations qui ont fait des morts à Kinshasa.

« Ce qui compte c’est la date des élections », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse à New York en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

« Si elles sont reportées sans cesse, cela veut dire que Kabila a l’intention de rester au pouvoir », a-t-il ajouté. « C’est une situation qui n’est pas acceptable. »