Attaques aux Etats-Unis: Motivations, explosifs, interpellations... Le point sur l’enquête

ETATS-UNIS Les enquêteurs n’ont pas établi de lien formel entre les attaques, pour lesquelles les autorités hésitent à parler de « terrorisme »…

M.C.

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Des policiers lourdement armés à Times Square, à New York, le 18 septembre 2016. 
Des policiers lourdement armés à Times Square, à New York, le 18 septembre 2016.  — Mary Altaffer/AP/SIPA

« On n’a pas tous les éléments. C’est comme un puzzle qui se promène dans la rue à l’heure actuelle », avoue Robert Boyce, le chef des enquêteurs de la police de New York. Plus de vingt-quatre heures après les trois attaques qui ont fait 29 blessés aux Etats-Unis, les autorités tentent d’assembler les indices pour éclaircir l’origine des explosions de New York et du New Jersey, et les motifs de l’assaillant du Minnesota. 20 Minutes fait le point sur ce que l’on sait de l’enquête.

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Peut-on parler de terrorisme ?

Les autorités se montraient dimanche très prudentes dimanche dans leur manière de qualifier ces attaques. « Nous enquêtons sur ces événements comme un potentiel acte de terrorisme. Je dis bien “potentiel”. Il y a encore beaucoup de choses qu’on ne sait pas pour le moment », a dit l’agent du FBI chargé d’enquêter dans le Minnesota, Rick Thornton. A New York, seul le gouverneur Andrew Cuomo a estimé que puisqu’il y avait une bombe, il y avait « clairement acte de terrorisme », même s’il a souligné qu’il n’existait à ce stade « aucun lien avec le terrorisme international » et que l’enquête n’en était « qu’à ses débuts ». Bill de Blasio, le maire de New York, a refusé d’aller si loin. « On sait qu’il y a eu une bombe, ça, c’est clair. Mais il va falloir travailler encore beaucoup pour savoir quelle motivation était derrière », a-t-il déclaré.

Pas de lien avéré entre les attaques

A l’heure actuelle, seule l’attaque à l’arme blanche de St. Cloud (Minnesota), dans laquelle un homme a blessé neuf personnes à l’arme blanche dans un centre commercial, a été revendiquée, par le groupe djihadiste Daesh. Les enquêteurs « recherchent activement » des connexions entre les deux autres « incidents », ceux de New York (19 blessés) et du New Jersey, mais malgré des modes opératoires apparemment similaires avec des bombes, rien n’a permis de les lier avec certitude, a souligné le gouverneur de l’Etat de New York, Andrew Cuomo.

Les explosifs utilisés à New York et dans le New Jersey étaient différents

Les deux bombes retrouvées à New York, dont une seule a explosé, étaient de conception similaire : des autocuiseurs munis d’un téléphone à clapet, d’illuminations de Noël, de matière explosive et remplies d’éclats d’obus, selon le New York Times, citant dimanche soir des responsables des forces de sécurité. Les deux engins vont être envoyés au siège du FBI à Quantico pour y être analysés, tout comme ceux récupérés dans le New Jersey.

L'explosion survenue à New York provenait d'une poubelle, selon les témoins.
L'explosion survenue à New York provenait d'une poubelle, selon les témoins. - Justin Lane/AP/SIPA

 

Selon les autorités, les explosifs utilisés dans ces deux attaques semblent, a priori, « différents ». A New York, des résidus de Tannerite, une substance utilisée pour fabriquer des cibles explosives pour l’entraînement au tir, ont été retrouvés, d’après des sources policières citées par le Washington Post. Dans le New Jersey, c’est une poudre noire qui aurait été recueillie sur les lieux de la détonation. « A ce stade, il ne semble pas y avoir de lien » entre les deux affaires, a déclaré le chef de la police de New York, James O’Neill.

Des caméras ont filmé le poseur de bombes présumé et deux autres hommes

Selon CNN, qui cite « de nombreuses sources policières », des caméras de surveillance ont filmé un homme qui traînait un gros sac en toile sur roulettes près du lieu de l’explosion, environ quarante minutes avant la détonation. Dix minutes plus tard, le même homme est filmé avec ce qui semble être le même sac, qu’il abandonne à l’endroit où un engin non explosé a été retrouvé. Puis, les images montrent deux autres hommes qui extraient du bagage un sac-poubelle blanc qui semble contenir la cocotte-minute retrouvée intacte par la police et le laisser sur le trottoir. Les enquêteurs n’ont pas encore déterminé le lien entre le premier homme et les deux autres.

Des interpellations liées à l’attaque de New York

Cinq personnes ont été interpellées dimanche soir en lien avec l’attaque qui a frappé le quartier new-yorkais de Chelsea samedi, selon plusieurs médias américains. Les cinq suspects auraient été arrêtés à bord d’un véhicule qui circulait sur la Belt Parkway, une autoroute qui passe au sud du district de Brooklyn. Le bureau du FBI de New York a confirmé sur son compte Twitter avoir arrêté un véhicule en lien avec l’enquête, mais n’a pas confirmé d’arrestations et assuré que « personne [n’avait] été inculpé ». Interrogé par l’Agence France-Presse, un porte-parole de la police de New York s’est refusé à confirmer ces interpellations, indiquant simplement que « l’enquête se [poursuivait] ».