Etat d'urgence proclamé au Pakistan

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Pervez Musharraf étend son emprise au Pakistan. Samedi, le président et chef des armées pakistanais a proclamé l'état d'urgence. Il s'agit, officiellement, de défendre l'unité nationale face au terrorisme islamiste et à l'opposition de la Cour suprême. La presse pakistanaise a qualifié cette mesure d'exception de « second putsch de Musharraf » - le président s'était emparé du pouvoir dans le pays via un coup d'Etat en octobre 1999.

Nouveau tour de vis hier. Entre 400 et 500 personnes ont été arrêtées en moins de 24 heures. Imran Khan, ex-star du cricket devenu un des plus farouches opposants à Pervez Musharraf, a été assigné à résidence. Plusieurs autres chefs de file de l'opposition et des avocats proches de l'ex-président de la Cour suprême subissent les mêmes mesures. « Musharraf cherche à s'accrocher au pouvoir par tous les moyens », a accusé Imran Khan.

La Cour suprême, qui contrariait depuis des mois les desseins du chef de l'Etat, devait se prononcer dans les prochains jours sur la légalité de la réélection de Musharraf au suffrage indirect, le 6 octobre. Samedi soir, l'ex-président de la Cour suprême, Iftikhar Mohammed Chaudhry, magistrat indocile en poste depuis 2005, a été brusquement évincé et remplacé sur-le-champ. Les Etats-Unis, alliés du président dans la lutte contre le terrorisme, ont jugé « très décevantes » ces mesures d'exception. Ils ont prévenu qu'ils allaient « réexaminer » leur soutien au Pakistan. La plus grande partie de l'aide, consacrée à la lutte antiterroriste, ne serait néanmoins pas touchée.

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