La Corée du Nord défie Washington au lendemain de son essai nucléaire

ARMEMENTS Le Conseil de sécurité de l'ONU s'attelle à une nouvelle résolution pour imposer des sanctions à Pyongyang, quelques heures après un nouvel essai nucléaire envers et contre toutes les interdictions internationales....

20 Minutes avec AFP

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Kim Jong-Un à Pyongyang, le 30 juin 2016.
Kim Jong-Un à Pyongyang, le 30 juin 2016. — Yonhap News/NEWSCOM/SIPA

La Corée du Nord ne pliera pas devant le «chantage» américain. Pyongyang a défié samedi les Etats-Unis, au lendemain de son cinquième essai nucléaire largement condamné par la communauté internationale.

«L'époque où les Etats-Unis pouvaient faire un chantage nucléaire unilatéral à la RPDC est révolue», écrit samedi le Rodong Sinmun, journal officiel du parti au pouvoir à Pyongyang, en référence au nom officiel de la Corée du Nord (République populaire et démocratique de Corée). «Les Etats-Unis sont exaspérés par les mesures militaires fortes prises progressivement par la RPDC», ajoute-t-il.

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Vers de nouvelles sanctions contre Pyongyang?

Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé vendredi soir de s'atteler à une nouvelle résolution pour imposer des sanctions à la Corée du Nord. Dans une déclaration unanime, les 15 membres du Conseil de sécurité, dont la Chine alliée de Pyongyang, ont indiqué vendredi qu'ils allaient «commencer immédiatement à travailler sur des mesures appropriées, selon l'article 41 de la Charte de l'ONU, et sur une résolution du Conseil». L'article 41 concerne «des mesures n'impliquant pas l'utilisation de la force armée». Les Etats-Unis, la France et le Japon ont réclamé de nouvelles et lourdes sanctions contre la Corée du Nord.

Celle-ci est frappée depuis mars par de très sévères restrictions économiques, financières et commerciales, à la suite de son quatrième test atomique mené en janvier. Washington et Pékin avaient mis deux mois à mettre au point cette résolution. L'ambassadeur chinois Liu Jieyi s'est montré très prudent vendredi, estimant qu'il fallait «s'abstenir de toute provocation des deux côtés». Or pour imposer de nouvelles sanctions ou appliquer strictement celles existantes, il faudra compter sur la bonne volonté de Pékin, premier partenaire économique de Pyongyang.

La présidente sud-coréenne traitée de  qualifiée de «sale prostituée

S'il a dénoncé l'«aventurisme dangereux» de Pyongyang, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a jugé depuis Genève qu'il fallait «s'abstenir de prendre des mesures qui pourraient aggraver les tensions et mettre la région à deux doigts d'un affrontement armé».

Les sanctions actuellement à l'oeuvre sont loin d'avoir eu l'effet escompté. Avant de faire exploser vendredi une cinquième bombe nucléaire, la Corée du Nord avait multiplié les tirs de missiles balistiques, certains projectiles allant s'abîmer jusque dans les eaux japonaises.

«Notre patience, comme celle de la communauté internationale, a atteint ses limites», a déclaré vendredi la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, dénonçant «l'inconscience maniaque» du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

Samedi, la Corée du Nord a renouvelé une bordée d'injures personnelles contre la présidente sud-coréenne. Le Rodong Sinmun, organe officiel du parti au pouvoir à Pyongyang l'a notamment qualifiée de «sale prostituée» des forces étrangères, pour des critiques que Park Geun-Hye avait formulées contre les récents tirs nord-coréens de missiles balistiques.