VIDEO. Défigurée à l'acide, une jeune Indienne reine de la Fashion Week

MONDE A New York, Reshma Qureshi a envoyé un message fort au monde entier...

20 Minutes avec AFP

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Défigurée à l'acide, Reshma Qureshi a défilé à New York, le 8 septembre 2016.
Défigurée à l'acide, Reshma Qureshi a défilé à New York, le 8 septembre 2016. — AFP (CAPTURE VIDEO)

Survie. Résilience. Courage. Une jeune Indienne de 19 ans défigurée à l’acide a été la reine de la première journée jeudi de la semaine de la mode de New York, au ton résolument militant.

Invitée improbable de cette fenêtre glamour qu’est la Fashion Week, Reshma Qureshi a été aspergée d’acide en 2014 par son beau-frère alors qu’elle protégeait sa soeur. L’homme cherchait alors à punir son épouse qui l’avait quitté.

Elle a défilé mercredi pour le collectif de jeunes créateurs italiens FTL Moda, qui a régulièrement fait parler de lui ces dernières saisons, davantage pour ses choix de mannequins que pour ses vêtements. Il y a un an, il avait ainsi fait défiler la jeune trisomique australienne Madeline Stuart ainsi qu’une vendeuse de voitures du New Jersey, Rebekah Marine, née avec un seul avant-bras.

« Je me sens courageuse »

Dans une longue robe blanche brodée de motifs colorés dessinant un corps en surimpression, la jeune femme a arpenté l’allée avec naturel, une fois les premières émotions surmontées. Le public, en partie composé de spectateurs d’origine indienne, a bruyamment encouragé Reshma Qureshi, ravie une fois son aller-retour terminé.

« Je sens que cela a changé ma vie », a expliqué à l’AFP, après le défilé, celle qui est devenue l’égérie d’une campagne pour l’interdiction de la vente libre d’acide en Inde. « Je me sens courageuse ».

 

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«Pas notre faute»

La jeune mannequin, dont l’objectif principal reste d’effectuer les deux années d’études secondaires qui lui manquent et d’aller à l’université, espère avoir envoyé un message fort aux autres victimes d’attaque à l’acide. « Pourquoi ne pourrions-nous pas profiter de la vie ? », a-t-elle interrogé. « Ce qui nous est arrivé n’est pas notre faute. Nous n’avons rien fait de mal, donc nous devrions pouvoir avancer ».

Les attaques à l’acide, souvent des crimes d’honneur commis au sein d’une même famille pour punir un acte jugé déshonorant, sont répandues en Asie du Sud-Est, en Afrique subsaharienne, dans les Caraïbes et au Moyen-Orient.