La co-épidémie sida/tuberculose se propage rapidement en Afrique

SANTE Près d'un tiers des 40 millions de personnes touchées par le VIH est également infecté par la tuberculose...

avec AFP

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Le nombre de malades du sida traités dans les pays pauvres et en transition a triplé en deux ans et s'est établi à plus de 1,3 million fin 2005, selon un rapport de l'OMS et de l'Onusida publié mardi, admettant que leur objectif d'arriver à en traiter 3 millions fin 2005, n'a pas été atteint.
Le nombre de malades du sida traités dans les pays pauvres et en transition a triplé en deux ans et s'est établi à plus de 1,3 million fin 2005, selon un rapport de l'OMS et de l'Onusida publié mardi, admettant que leur objectif d'arriver à en traiter 3 millions fin 2005, n'a pas été atteint. — Alexander Joe AFP/Archives

On connaissait les ravages du sida en Afrique. La co-épidémie HIV/tuberculose tue encore plus. Selon un rapport publié vendredi, elle se propage rapidement en Afrique sub-saharienne, rendant très difficile le contrôle au niveau mondial de deux des maladies infectieuses les plus dangereuses.

L’œil du cyclone

Près d'un tiers des 40 millions de personnes touchées par le VIH/sida dans le monde est en effet également infecté par la tuberculose (TB). Or, le taux de mortalité du VIH/TB est cinq fois supérieur à celui de la tuberculose seule.

Auteur du document, le Forum for Collaborative HIV Research (Washington - Etats-Unis), exhorte à ainsi entreprendre des actions immédiates pour contrer cette double épidémie. «L'oeil du cyclone se trouve actuellement en Afrique subsaharienne où la moitié des nouveaux cas de TB est co-infectée par le VIH, et où une TB résistante aux médicaments se propage insidieusement», déclare Veronica Miller, coauteur du rapport et directrice du Forum.

«Une personne infectée toutes les secondes»

Les cas de tuberculose multirésistante et ultrarésistante sont en forte hausse et souvent accompagnés d'une co-infection par le VIH, selon le rapport. «Une nouvelle personne est infectée toutes les secondes» par la tuberculose, souligne Diane Havlir, présidente du groupe de travail TB/VIH à l’Organisation mondiale de la santé. «Sachant qu'une grande partie de cette transmission se produit dans des régions avec une forte prévalence du VIH, on comprend mieux le danger imminent de cette co-épidémie».

«Contrairement à la grippe aviaire, la menace VIH/TB au niveau mondial n'est nullement hypothétique. Elle existe, elle est là. Mais la science et la coordination nécessaires pour l'arrêter sont largement insuffisantes», indique Veronica Miller.

Un tiers de la population mondiale est infectée par la tuberculose, relève encore le rapport. Mais chez la majorité des personnes infectées, la maladie restera à l'état latent. Le VIH modifie l'équation: chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli par le virus du sida, dix pour cent développeront chaque année une forme active de la TB.

Mesures urgentes à prendre

Les auteurs, qui se sont basés sur les conclusions de travaux menés lors de la conférence de l'International Aids Society en juillet à Sydney, appelle à des mesures urgentes parmi lesquelles: le développement de tests de diagnostic rapides de la tuberculose résistante chez l'adulte et l'enfant VIH positifs ou l'utilisation de méthodes d'enquête sur la flambée épidémique pour détecter rapidement les zones névralgiques de la TB résistante et du VIH.