A N'Djamena, les inculpés ont la «protection» du gouvernement

SCANDALE Les journalistes et les hôtesses pourraient être libérés...

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Un couple de Français, originaires des Pyrénées-Orientales (sud) qui devait accueillir l'un des enfants que l'Arche de Zoé entendait transférer en France depuis le Tchad a porté plainte contre l'association, dont il dénonce les pratiques dans une interview publiée vendredi par un quotidien, L'Indépendant.
Un couple de Français, originaires des Pyrénées-Orientales (sud) qui devait accueillir l'un des enfants que l'Arche de Zoé entendait transférer en France depuis le Tchad a porté plainte contre l'association, dont il dénonce les pratiques dans une interview publiée vendredi par un quotidien, L'Indépendant. — Sonia Rolley AFP
Les membres de l'association l'Arche de Zoé, inculpés au Tchad, «bénéficieront maintenant de la protection et du soutien du gouvernement français», a assuré vendredi leur défenseur Me Gilbert Collard, après avoir rencontré la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade.

«L'attitude du gouvernement, au moment de l'affaire, a été inacceptable. On avait l'impression qu'ils participaient à l'accusation. Maintenant, tout est rentré dans l'ordre», a ajouté l'avocat, après avoir rencontré Rama Yade pendant près de deux heures, en compagnie des familles.

Vers la libération des journalistes et des hôtesses de l'air

Ces déclarations interviennent alors que les dix-sept Européens et quatre Tchadiens inculpés sont arrivés vendredi à N'Djamena en provenance d'Abéché, qui a été déssaisie du dossier. Ce transfèrement devrait ouvrir la voie à l'élargissement d'une partie d'entre eux, les journalistes français et les hôtesses de l'air espagnoles, dont le président tchadien Idriss Deby Itno a «souhaité» jeudi la prochaine libération, dissociant leur cas de celui des autres inculpés.

Les mensonges de Breteau

Auparavant, une polémique avait éclaté. La bonne foi des membres de L'Arche de Zoé était remise en cause par un document publié par «Le Parisien», qui laisse penser que le responsable de l'association, Eric Bretreau, a tout fait pour brouiller les pistes.

Selon un des ordres de mission qu'il a lui-même rédigé à destination des autorités tchadiennes, l'objectif de son association, baptisée sur place «Children rescue», était de créer «pour une durée minimum» de deux ans un «Children Center» comprenant «un centre d'hébergement d'urgence pour les enfants isolés» et «un poste médical avancé». Le document fait valoir que les transports des enfants à l'intérieur du pays «sont effectués sur les vols Transall de l'armée française».

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D'après un autre ordre de mission, là encore signé de la main d'Eric Breteau, l'association souhaite «créer à l'est du Tchad des structures d'accueil pour les enfants réfugiés ou déplacés en situation de grande vulnérabilité». Mais il n'est jamais question de ramener en France la centaine d'enfants, un objectif pourtant publiquement affiché dans l'Hexagone.
Familles Certaines familles qui espéraient recueillir des enfants commencent à monter au créneau. Alors que l'un d'elle, dans les Pyrénées-Orientales, porte plainte, une autre, en Loire-Atlantique, estime dans une vidéo de la «Télé Libre» que L'Arche de Zoé a «joué sur les sentiments» des familles. «Ils ne nous ont pas dit toute la vérité», affirme ce couple qui se dit choqué par les dernières révélations sur l'origine tchadienne et non soudanaise des enfants.