Colombie: La paix avec les Farc sera signée le 27 septembre à Carthagène

MONDE L'accord met fin à une guerre civile qui a duré 52 ans...

20 Minutes avec AFP

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Le président colombien (gauche) et le commandant des Farc se serrent la main avec la bénédiction de Raul Castro le 23 septembre 2015 à La Havane.
Le président colombien (gauche) et le commandant des Farc se serrent la main avec la bénédiction de Raul Castro le 23 septembre 2015 à La Havane. — Desmond Boylan/AP/SIPA

L’accord de paix avec les Farc, qui met fin à 52 ans de guerre civile, est historique. Mais il n’a pas encore été signé. La cérémonie officielle aura lieu le 27 septembre à Carthagène, dans le nord de la Colombie, a annoncé le président Juan Manuel Santos.

Visiblement ému, Santos a d’abord dit « 26 avril » avant de se reprendre et de répéter sa phrase de bout en bout, en appuyant bien sur la date du « 26 septembre », lors de cette intervention à Carthagène, devant l’assemblée de la Confédération colombienne des chambres de commerce.

Le chef de l’Etat a ajouté qu’il s’agissait « peut-être de l’annonce la plus importante » qu’il ait faite dans sa vie.

7.500 combattants armés restants

Le 29 août à 00H00 (6h00 heure de Paris) est entré en vigueur le premier cessez-le-feu bilatéral et définitif jamais ordonné avec les Farc, plus importante guérilla de Colombie née en 1964 d’une insurrection paysanne et qui compte encore quelque 7.500 combattants armés.

L’accord de paix, conclu à l’issue de pourparlers délocalisés à La Havane, doit être d’abord ratifié par la Xe conférence nationale des Farc, qui était originellement prévue du 13 au 19 septembre, mais que la guérilla a suspendue vendredi. Les Farc ont annoncé, dans un communiqué adressé aux « journalistes et autres intéressés pour couvrir ou assister à la Dixième Conférence Nationale Guérillera que, pour des raisons logistiques (…) elle n’aura pas lieu aux dates prévues du 13 au 19 septembre ». « Nous communiquerons prochainement les nouvelles dates », ont-elles ajouté.

Référendum le 2 octobre

Puis l’accord sera signé par le président Santos et par le chef suprême des Farc, Rodrigo Londoño, plus connu sous ses noms de guerre Timoleon Jiménez ou Timochenko, avant d’être soumis à l’approbation des Colombiens par référendum le 2 octobre.

Les électeurs vont devoir répondre par « oui » ou par « non » à la question : « Appuyez-vous l’accord final d’achèvement du conflit et de construction d’une paix stable et durable ? ». Pour l’emporter, le « oui » devra recueillir au moins 4,4 millions de voix (13 % de l’électorat) et le « non » un score plus faible.

La Colombie s’achemine vers la fin d’une guerre fratricide, le plus ancien conflit armé des Amériques qui, au fil des décennies, a impliqué plusieurs guérillas d’extrême-gauche, dont l’Armée de libération nationale (ELN, encore active), des milices paramilitaires d’extrême droite et l’armée, faisant au moins 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.