L'ex-étudiant de Stanford, écroué pour viol, déjà remis en liberté

JUSTICE La peine de six mois de prison prononcée contre lui avait choqué l'Amérique par sa clémence...

C. A. avec AFP

— 

Brock Turner, au tribunal de Santa Clara à Palo Alto (Californie), le 2 juin 2016.
Brock Turner, au tribunal de Santa Clara à Palo Alto (Californie), le 2 juin 2016. — Dan Honda/AP/SIPA

Un trimestre en prison et puis s’en va. Brock Turner, l’ancien étudiant de l’université américaine de Stanford, qui avait été condamné à six mois de prison pour viol sur le campus, a déjà recouvré la liberté, après n’avoir purgé qu’un trimestre derrière les barreaux.

Sa remise en liberté au bout de trois mois, justifiée sur le plan légal, choque une Amérique qui s’était déjà émue cet été de la légèreté de la peine prononcée, largement considérée comme insuffisante au regard de la gravité du crime.

Liberté retrouvée

Les chaînes de télévision américaines ont montré l’ancien sportif universitaire Brock Turner faire ses premiers pas hors de l’établissement pénitentiaire du comté de Santa Clara à San José, en Californie, depuis sa condamnation le 2 juin à six mois de réclusion dont trois fermes.

Chemise bleue rentrée dans un pantalon à pince, le jeune homme au visage juvénile a marché regard bas avant de s’engouffrer dans un véhicule.

>> A lire aussi : Pourquoi les viols dans les campus américains restent-ils si peu punis ?

Une pétition rassemblant plus d’un million de signataires avait réclamé le renvoi du juge Aaron Persky, ancien sportif de Stanford comme l’accusé, et dénonçait son « parti pris » en faveur de Brock Turner.

« Tu m’as pris ma valeur, ma vie privée »

Le jeune homme, qui avait violé en janvier 2015 une jeune femme inconsciente sur le campus de son université devrait désormais rentrer au domicile familial en banlieue de Dayton, dans l’Ohio, où il a grandi, selon les médias américains.

Une lettre poignante de 12 pages écrite par la victime à Brock Turner, lue au tribunal durant le procès puis publiée sur internet avait ému tout le pays.

>> A lire aussi : Six mois de prison, la courte peine qui choque l'Amérique

« Tu m’as pris ma valeur, ma vie privée, mon énergie, mon temps, ma sécurité, mon intimité, ma confiance en moi, ma voix même, jusqu’à aujourd’hui », écrivait-elle.

Brock Turner, qui a eu 21 ans pendant sa détention, est désormais interdit à vie de participer à des compétitions de natation.