Gabon: Deux morts à Libreville, la communauté internationale inquiète

VIOLENCES L’ONU a fait part jeudi soir de sa « profonde préoccupation » face aux violences qui ont embrasé le pays…

20 Minutes avec AFP

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Depuis mercredi soir, un millier de personnes ont été arrêtées dans tout le pays, dont 600 à 800 dans la capitale Libreville.
Depuis mercredi soir, un millier de personnes ont été arrêtées dans tout le pays, dont 600 à 800 dans la capitale Libreville. — MARCO LONGARI

Au Gabon, la situation est toujours tendue. Deux hommes sont morts dans la nuit de jeudi à vendredi dans un quartier de Libreville, à la suite d’affrontements avec les forces de sécurité. Bekam Ella Edzang, étudiant en droit de 27 ans, est décédé des suites d’une blessure par balle à l’abdomen après son hospitalisation, a constaté une journaliste de l’AFP. Le corps d’un homme de 30 ans était par ailleurs emmené en procession par des manifestants dans le quartier de Nzeng Ayng, a constaté un autre journaliste de l’AFPTV.

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Une vingtaine de leaders de l’opposition et de la société civile gabonaise étaient par ailleurs toujours retenus jeudi soir au quartier général de Jean Ping. « Nous sommes toujours séquestrés », a affirmé Zacharie Myboto, ancien ministre d’Omar Bongo, le père et prédécesseur d’Ali Bongo à la tête du Gabon.

« On nous a dit qu’on devait être transférés au siège de la gendarmerie, mais nous n’avons toujours pas de nouvelles », a-t-il ajouté, tout en précisant que 25 personnes étaient encore retenues avec lui dans la cour du QG de Jean Ping. Parmi elles l’ancien vice-président de la République Didjob Ding Duvungui ou encore Paul-Marie Gondjout, responsable d’un parti d’opposition.

La communauté internationale est inquiète

Le Conseil de sécurité de l’ONU a fait part jeudi soir de sa « profonde préoccupation » face aux violences qui ont embrasé le Gabon après l’annonce de la réélection du président Ali Bongo pour un troisième mandat. Les quinze pays membres « ont appelé tous les candidats, leurs partisans, les partis politiques et les autres acteurs à rester calmes, à s’abstenir de tomber dans la violence ou d’autres provocations et à résoudre tout différend éventuel à travers les mécanismes constitutionnels et légaux établis ».

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Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s’était quant à lui dit plus tôt jeudi « vivement préoccupé et attristé » par les violences, appelant à une « vérification transparente » des résultats.  L’ambassadeur français auprès des Nations unies, François Delattre, avait avant la réunion enjoint le Conseil à « rappeler à nouveau l’importance critique d’une procédure garantissant la transparence des résultats des élections ».

Bongo affiche sa fermeté

Pris à partie par la communauté internationale et l’opposition, le président gabonais Ali Bongo a affiché sa fermeté, rejetant la responsabilité des violences qui ont fait trois morts sur des « groupuscules formés à la destruction ». « La démocratie s’accorde mal des succès autoproclamés, des groupuscules formés à la destruction. La démocratie s’accommode mal de la prise d’assaut d’un parlement et de la télévision nationale », a déclaré Ali Bongo Ondimba lors d’une brève allocution au palais présidentiel.

Lors d’un bref point presse, le ministre de l’Intérieur a annoncé l’arrestation depuis mercredi soir d’environ un millier de personnes dans tout le pays, dont 600 à 800 dans la capitale Libreville. Les centres névralgiques du pouvoir étaient sécurisés par un imposant dispositif. Les communications internet ne fonctionnaient pas depuis mercredi soir.