Gabon: Face aux violences, la France lance un appel à ses ressortissants

ELECTION Un millier de personnes ont été arrêtées...

20 Minutes avec AFP

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Des violences ont éclaté à Libreville le 1er septembre 2016
Des violences ont éclaté à Libreville le 1er septembre 2016 — MARCO LONGARI / AFP

La situation est toujours tendue au Gabon, au lendemain des émeutes qui ont éclaté à Libreville après l’annonce de la victoire du sortant Ali Bongo Ondimba à la présidentielle, contestée par son rival Jean Ping.

Un millier de personnes ont été arrêtées depuis mercredi soir dans tout le pays, a annoncé ministre de l’Intérieur.

Pillages dans les quartiers populaires

« Sur Libreville, il y a entre 600 et 800 interpellations, et 200 à 300 sur le reste du pays », a déclaré le ministre gabonais de l’Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, lors d’une brève conférence de presse tenue ce jeudi à l’issue de l’allocution du président Ali Bongo au palais présidentiel.

« Nous avons arrêté plus de 200 pillards depuis hier soir. Ils sont dans les locaux de la police judiciaire mais aussi dans les commissariats de la ville. Les pillages continuent maintenant dans les quartiers populaires », avait affirmé plus tôt à l’AFP le commandant en chef de la police nationale, Jean-Thierry Oye Zue.

« Six policiers ont été blessés », a-t-il ajouté. Parmi les civils, « il y a très vraisemblablement des blessés vu la violence avec laquelle ils nous ont assaillis », a ajouté Jean-Thierry Oye Zue. Il n’a toutefois pas pu confirmer s’il y avait des morts : « Je ne peux pas vous le dire. »

Des journalistes de l’AFP ont fait état de deux camions remplis de dizaines de personnes qui avaient été arrêtées, dont des femmes, menées à la police judiciaire. Ils levaient le poing en chantant l’hymne national, « La Concorde ».

Au moins deux personnes tuées

« La démocratie s’accorde mal des succès autoproclamés, des groupuscules formés à la destruction. La démocratie s’accommode mal de la prise d’assaut d’un parlement et de la télévision nationale », a déclaré le président du Gabon Ali Bongo. Le président sortant s’exprimait lors d’une courte déclaration à la presse au palais présidentiel, après 24 heures de troubles dans plusieurs villes du pays depuis l’annonce de sa réélection par la commission électorale.

Selon l’opposition, au moins deux personnes ont été tuées jeudi et plusieurs blessées dans l’assaut des forces de sécurité contre les bureaux de l’opposant Jean Ping. Un bénévole de la Croix-Rouge a informé jeudi l’AFP du décès à la polyclinique Chambrier d’un des quinze blessés amenés dans la matinée par la gendarmerie.

Ali Bongo Ondimba, 57 ans, a devancé son rival Jean Ping, 73 ans et ex-cacique du régime de son défunt père Omar Bongo, d’un peu moins de 6.000 voix sur un total de 627.805 inscrits, selon les résultats officiels.

Les ressortissants français au Gabon appelés à rester chez eux

François Hollande a appelé à l'« apaisement » et demande la « transparence » sur le scrutin. Paris a fait part de « (s)a plus vive préoccupation » à travers la voix de Jean-Marc Ayrault. « Dans le cadre d’un processus électoral, il n’y a aucune place pour la violence », a dit le ministre des Affaires étrangères.

Jean-Marc Ayrault a décidé ce jeudi l’ouverture d’une cellule de crise afin de répondre à l’inquiétude des ressortissants français, qu’ils soient résidents sur place ou de passage. Celle-ci est joignable au numéro suivant : 01 43 17 55 95. Le Quai d’Orsay a de plus demandé aux ressortissants français « de reporter tout projet de voyage au Gabon et à ceux qui sont sur place d’observer les consignes de prudence et de rester à leur domicile ».