Les bombes à sous-munitions ont fait plus de 400 victimes en 2015, notamment en Syrie et au Yémen

ARMES 97 % des personnes tuées ou blessées par ces armes sont des civils, dont 36 % d’enfants…

20 Minutes avec AFP

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Kouagna le 13 decembre 2012. Signalisation d'UXO et bombes a sous munitions par un habitant du village.
Kouagna le 13 decembre 2012. Signalisation d'UXO et bombes a sous munitions par un habitant du village. — no credit

Pourtant interdites, les armes à sous-munitions continuent de tuer. Elles ont fait plus de 400 victimes en 2015, selon un rapport de l’ONU publié ce jeudi à Genève.

« Il y a maintenant des rapports presque quotidiens de nouvelles attaques employant des armes à sous-munitions », notamment en Syriela Russie est intervenue en septembre 2015 aux côtés des forces gouvernementales, indique le 7e rapport à l’ONU de l’Observatoire des armes à sous-munitions.

Russie et Arabie Saoudite pointées du doigt

« Il y a des preuves irréfutables de l’utilisation par la Russie de bombes à sous-munitions en Syrie et/ou de sa participation directe au côté des forces armées syriennes à des attaques utilisant des armes à sous-munitions, notamment dans les régions d’Alep, Homs et Idlib », selon le rapport. Il souligne que 76 attaques de ce type ont été recensées entre septembre 2015 et juillet 2016 en Syrie.

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Au Yémen, entre avril 2015 et mars 2016, la coalition armée dirigée par l’Arabie Saoudite a eu recours aux armes à sous-munitions lors d’au moins 19 attaques, selon le rapport. « Comme en Syrie, un grand nombre de ces attaques ont eu lieu dans des zones urbaines et peuplées : dans des marchés, les écoles, les hôpitaux… », dénonce Handicap International, qui a participé aux côtés d’autres ONG à l’élaboration du rapport. Aucun des pays concernés n’est signataire de la Convention sur les armes à sous-munitions.

97 % des victimes sont des civils

Selon le rapport, 97 % des personnes tuées ou blessées en 2015 par ces armes étaient des civils, dont 36 % d’enfants. Au total, 417 personnes ont été tuées ou blessées par des bombes à sous-munitions ont été recensées en 2015, notamment en Syrie (248), au Yémen (104) et en Ukraine (19).

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Le rapport, qui porte sur l’année 2015 et une partie de 2016, relève toutefois qu’il y a moins de conflits où ces armes sont utilisées, mais que des « civils continuent d’être tués et mutilés par ces armes aveugles ».

Au cours de la seule année 2015, neuf pays ont détruit 79.000 armes à sous-munitions et 8,7 millions de sous-munitions. L’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Mozambique et la Suède ont achevé la destruction de leurs stocks en 2015, tandis que la France a fait de même en juin 2016.