VIDEO. Présidentielle au Gabon: Emeutes à Libreville, deux morts dans l’attaque du QG de Jean Ping

POLITIQUE L'Assemblée nationale a été incendiée...

G. N. avec AFP

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L'Assemblée nationale en feu, à Libreville, le 31 août 2016.
L'Assemblée nationale en feu, à Libreville, le 31 août 2016. — MARCO LONGARI / AFP

Nuit chaotique au Gabon, après  l’élection présidentielle qui a vu la défaite de Jean Ping face au dirigeant sortant Ali Bongo. Des émeutes ont éclaté quelques minutes après la proclamation des résultats et l’Assemblée nationale a été incendiée, tandis que Jean Ping a affirmé à l’Agence France Presse que son QG à Libreville avait été pris d’assaut par les forces de sécurité et a déploré la mort de deux personnes. Des tirs étaient toujours entendus dans la soirée, alors que des véhicules transportant des policiers et des militaires sillonnaient la ville.

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« Ils ont attaqué vers 1h (2h, heure française). C’est la garde républicaine. Ils ont bombardé par hélicoptères puis ils ont attaqué au sol. Il y a 19 blessés dont certains très graves », a déclaré Jean Ping par téléphone, précisant qu’il n’était pas sur les lieux.

Alain-Claude Bilie-By-Nze, porte-parole du gouvernement, a affirmé que l'assaut visait des «criminels» qui avait incendié l'Assemblée nationale dans l'après-midi. «Des personnes armées qui ont incendié le siège de l'Assemblée nationale se sont repliées au QG de Jean Ping en même temps que des centaines de pilleurs et de casseurs», a-t-il déclaré à l'Agence France Presse.

« On en a marre »

Dès le milieu de l’après-midi, des milliers de jeunes, mais aussi des femmes et des hommes d’un certain âge ont déferlé dans les rues des « mapanes » (bidonvilles) pour crier leur colère dans une ville de facto en état de siège. Leur favori, Jean Ping venait d’être défait d’une courte paille (48 %) face au président sortant (49 %). « Ping heho, Ali dégage ! », hurlaient les manifestants brandissant des tiges de palmier, alors que le ministre de l’Intérieur venait d’annoncer le président sortant vainqueur.

Dans les « PK » (sortie de la ville), les quartiers Nzeng Ayong ou encore Nkembo, des détonations lourdes ont éclaté et des colonnes de fumée noires se sont échappées à plusieurs dizaines de mètres dans le ciel. Sur la voie express, qui contourne la capitale par l’est, des manifestants ont tenté de rejoindre le quartier général de Ping. Les plus énervés ont brûlé ce qu’ils trouvaient (pneus, poubelles…) sur leur passage.

Plusieurs morts et blessés ?

« 2009, 2016… On en a marre, on n’en peut plus de se faire voler la victoire, Ali doit partir », s’emporte Boris, la vingtaine, avant d’énumérer les raisons de sa colère. « Tous les jours c’est la même souffrance : aller 'puiser' l’eau (aux pompes publiques), s’éclairer avec des lampes-tempête à cause des coupures d’électricité, pas de boulot… Il n’a rien fait pour nous. »

Les gendarmes anti-émeute ont dispersé les mouvements de foule vers des ruelles en terre à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes, et de canons à eau. Si la situation s’envenime, ils sont armés de kalachnikov. Des blindés sont positionnés à plusieurs carrefours stratégiques entourés de très nombreux policiers, gendarmes et militaires avec casques lourds et boucliers.