Brésil: Dilma Rousseff destituée, dénonce «un coup d’Etat parlementaire» et promet de revenir

POLITIQUE Michel Temer, ex vice-président de Dilma Rousseff dont il a précipité la chute, assumera alors pleinement la présidence...

20 Minutes avec AFP
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Le procès de la présidente brésilienne Dilma Roussef s'ouvre jeudi 25 août
Le procès de la présidente brésilienne Dilma Roussef s'ouvre jeudi 25 août — ANDRESSA ANHOLETE / AFP

 n’est plus à la tête du Brésil. Les sénateurs ont voté ce mercredi à Brasilia sa destitution pour maquillage des comptes publics au terme d’une procédure juridico-politique hautement controversée.

La présidente destituée a dénoncé « un coup d’Etat parlementaire » commis par le Sénat et promis de « revenir ». « Le Sénat a pris une décision qui entre dans l’histoire des grandes injustices. Il a commis un coup d’Etat parlementaire », a déclaré l’ancienne guérillera de 68 ans, réaffirmant son « innocence ».

Destituée

Sur les 81 parlementaires, 61 ont voté pour la destitution de la dirigeante de gauche, élue en 2010 à la tête du plus grand pays d’Amérique latine, et qui a été remplacée peu après par son ancien vice-président, Michel Temer (PMDB, centre droit).

« Dilma Rousseff a commis des crimes de responsabilité importants […], elle a été condamnée et perd ainsi son mandat de présidente de la République », a conclu le président de la Cour suprême (STF) Ricardo Lewandowski, qui dirigeait les débats du Sénat transformé pour l’occasion en tribunal.

Dilma Rousseff a en revanche conservé ses droits civiques à la faveur d’un second vote, où la majorité des deux tiers requise pour l’en priver pendant huit ans n’a pas été atteinte. Seuls 42 sénateurs ont voté pour, 36 contre et 3 se sont abstenus.

Un droit d’éligibilité conservé

« Cela signifie qu’elle reste éligible. Elle pourra être candidate à des mandats de sénatrice, de députée, mais pas à la présidence en 2018 puisqu’elle a déjà été élue pour deux mandats consécutifs », a expliqué à l’AFP un universitaire en droit de Rio, Rogerio Dultra dos Santos.

L’ex-dirigeante, qui a suivi le vote depuis sa résidence du palais de l’Alvorada en compagnie de son mentor, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, a fait une déclaration à la presse avant de quitter Brasilia pour rejoindre son domicile de Porto Alegre (sud) où vivent sa fille et ses deux petits-fils.

Un président par intérim aussi impopulaire que sa prédecesseur

Après sa prestation de serment, le nouveau président Michel Temer, 75 ans, s’envolera vers la Chine pour participer à un sommet du G20, où il tentera de redorer le blason terni de la première économie d’Amérique latine, également cinquième pays le plus peuplé de la planète.

« Le  ne peut pas être absent de la réunion du G20 », a souligné au quotidien O Globo Michel Temer, qui devrait selon les médias s’exprimer dans la soirée dans une allocution télévisée enregistrée.

Tout aussi impopulaire que sa rivale, il exerçait déjà la présidence à titre intérimaire depuis la suspension de l’ancienne dirigeante le 12 mai par le Sénat.