Traité de libre-échange transatlantique: La France veut «l’arrêt» des négociations

COMMERCE « Les relations ne sont pas à la hauteur entre l’Europe et les USA », estime le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur Matthias Fekl…

20 Minutes avec AFP
— 
Des membres de "Stop TAFTA" à Paris le 19 avril 2016. 
AFP PHOTO / Elliott VERDIER
Des membres de "Stop TAFTA" à Paris le 19 avril 2016. AFP PHOTO / Elliott VERDIER — AFP

Le TTIP risque bientôt d’être définitivement enterré. Le gouvernement français va demander en septembre à la commission européenne d’arrêter les négociations sur le projet de traité de libre-échange entre Européens et Américains (TTIP ou Tafta), a annoncé ce mardi le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur Matthias Fekl.

La France « ne veut pas cultiver l’illusion » d’un accord « avant la fin du mandat » d’Obama, a confirmé ce mardi le président François Hollande.

>> A lire aussi : Les négociations ont «échoué» selon le vice-chancelier allemand, Bruxelles estime qu'elles avancent

Ce lundi déjà, le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel estimait que les négociations entre Européens et Américains pour mettre sur pied un vaste traité de libre-échange avaient échoué.

Pas d’échec, selon la Commission européenne

Les négociations « n’ont pas échoué », a affirmé de son côté la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström. Elles « ont été difficiles, bien sûr, nous le savions depuis le début, mais elles n’ont pas échoué », a-t-elle affirmé lors d’un point presse à Bruxelles.

« Nous avions l’objectif et nous l’avons toujours (…) de conclure (les négociations) avant la fin du mandat Obama » en janvier 2017, a-t-elle affirmé. « Et si ce n’est pas possible, il est logique de faire le plus de progrès possible. »

« Les Américains ne donnent rien ou alors des miettes »

« Il n’y a plus de soutien politique de la France à ces négociations » et « la France demande l’arrêt de ces négociations », a déclaré Matthias Fekl, sur la radio RMC. Il a justifié cette demande par le fait que les négociations, qui sont menées, côté européen, par la Commission européenne au nom des 27 Etats membres, souffraient d’un déséquilibre en faveur des positions américaines.

>> A lire aussi : L'arrêt des négociations, «option la plus probable»

« Les Américains ne donnent rien ou alors des miettes (…), ce n’est pas comme ça qu’entre alliés on doit négocier », a-t-il indiqué, ajoutant que « les relations ne sont pas à la hauteur entre l’Europe et les USA, il faut reprendre plus tard sur de bonnes bases ». « Il faut un coup d’arrêt clair et définitif à ces négociations pour repartir sur de bonnes bases », a encore argumenté Matthias Fekl.

La France exprimera cette position en septembre, lors d’une réunion des ministres chargés du commerce extérieur à Bratislava, a-t-il précisé.