Yémen: Au moins 71 morts dans l'explosion d'une voiture piégée revendiquée par Daesh à Aden

YEMEN L’attaque à la voiture piégée a visé un centre de formation de l’armée yéménite…

20 Minutes avec AFP

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Des habitants d'Aden inspectent le lieu de l'attentat à la voiture piégée, le 29 août 2016.
Des habitants d'Aden inspectent le lieu de l'attentat à la voiture piégée, le 29 août 2016. — SALEH AL-OBEIDI / AFP

Au moins 71 personnes ont été tuées et 98 blessées ont été tuées lundi à Aden dans un attentat suicide du groupe Etat islamique ayant visé de jeunes recrues de l’armée yéménite qui combat à la fois les rebelles chiites et les groupes jihadistes sunnites.

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Selon des sources de sécurité, l’explosion d’une voiture piégée s’est produite dans la cour d’une école à la sortie nord d’Aden. Les recrues terminaient les formalités pour rejoindre un groupe de 5.000 soldats devant être formés pour aller combattre les rebelles chiites Houthis dans le nord, selon des sources militaires. Le kamikaze a alors profité de l’entrée d’une camionnette de livraison pour lancer son véhicule contre le rassemblement, ont indiqué des témoins.

La déflagration a été si forte qu'« elle a provoqué l’effondrement d’un toit d’une salle de classe sur la tête de nombreuses recrues », a précisé un responsable de sécurité. Les débris de véhicules jonchaient le sol tandis que les murs étaient maculés de sang.

Une centaine de blessés

Daesh a rapidement revendiqué l’attaque en louant l'« opération martyre » menée par un de ses combattants contre « un centre de recrutement de l’armée », a rapporté l’agence Amaq, organe de propagande de l’EI.

De 11 morts, le bilan du carnage est vite monté à 18, puis à 40, pour s’établir à 71 dans l'après-midi, selon les trois principaux établissements hospitaliers de la ville. Alui seul, l’hôpital de Médecins sans frontières (MSF) a indiqué dans un tweet avoir reçu 45 morts et 60 blessés.

L’attaque à la voiture piégée est la plus sanglante à endeuiller la grande ville du sud du Yémen depuis son retour dans le giron du gouvernement en juillet 2015. Elle illustre les difficultés qu’ont les autorités à rétablir la sécurité à Aden, pourtant déclarée « capitale provisoire » du Yémen.

Les jihadistes ont multiplié les attentats dans la ville ces derniers mois en dépit de nombreux plans pour sécuriser la ville. Le dernier d’entre eux a coûté la vie le 20 juillet à quatre policiers et a été revendiqué par l’EI.