Algérie: Condamné pour «outrage au prophète», Amnesty demande sa libération

RELIGION Il a écopé de 5 ans de prison…

G. N. avec AFP

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L'homme a été condamné pour «dénigrement des préceptes de l'islam» (illustration).
L'homme a été condamné pour «dénigrement des préceptes de l'islam» (illustration). — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Amnesty International a appelé samedi les autorités algériennes à « libérer immédiatement et sans condition » un militant récemment condamné à cinq ans de prison pour « outrage au prophète ». Slimane Bouhafs a été condamné le 7 août par le tribunal de Beni-Ouartilane (300 km au sud-est d’Alger) pour « outrage au prophète » Mahomet et « dénigrement des préceptes de l’islam », à la suite d’articles publiés sur sa page Facebook, indique l’ONG dans un communiqué reçu par l’AFP. Son procès en appel est fixé au 31 août.

Grève de la faim en prison

Le militant avait été arrêté le 31 juillet par des gendarmes et son domicile perquisitionné dans le département de Sétif (est) où réside ce père de famille de 49 ans. Pendant plusieurs jours, il a observé une grève de la faim à la prison de Sétif où il est détenu, d’après Amnesty qui cite sa famille.

Selon des informations parues dans la presse algérienne, ce militant était converti au protestantisme depuis près de 20 ans. La Constitution algérienne, modifiée en février 2016, garantit la liberté de religion mais fait de l’islam la religion d’État.

Selon AI, « des dispositions vagues figurant dans le Code pénal et une ordonnance fixant les conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulmans ont été utilisées pour persécuter des personnes pour l’exercice pacifique de leur droit à la liberté d’expression, de religion et de conviction ».