L’armée nigériane affirme que le chef de Boko Haram a été blessé dans un raid aérien

TERRORISME La mort de l’insaisissable chef de Boko Haram a été annoncée à plusieurs reprises…

20 Minutes avec AFP
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Capture d'écran d'une vidéo de Boko Haram du 18 février 2015 dans laquelle apparaît Abubakar Shekau.
Capture d'écran d'une vidéo de Boko Haram du 18 février 2015 dans laquelle apparaît Abubakar Shekau. — HO / BOKO HARAM / AFP

Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a été sérieusement blessé et plusieurs commandants du groupe islamiste ont été tués lors d’un raid aérien sur leur bastion du nord-est du Nigeria, a annoncé l’armée nigériane ce mardi.

Cette annonce, qui coïncide avec une visite du secrétaire d’Etat américain John Kerry dans le nord du Nigeria ce même jour, a été reçue avec scepticisme par des experts qui rappellent que les autorités nigérianes ont déjà annoncé à plusieurs reprises la mort de l’insaisissable chef de Boko Haram.

Trois commandants tués

Abubakar Shekau, dont le leadership à la tête de Boko Haram a récemment été mis en cause, a été « gravement blessé à l’épaule » lors de ce raid mené vendredi sur la forêt de Sambisa, selon un communiqué du porte-parole de l’armée nigériane Sani Usman, sans autre détail.

« J’ai dit blessé, s’il y a d’autres développements, je vous le ferai savoir », a ajouté l’officier après avoir été interrogé par l’AFP.

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Trois commandants de Boko Haram - Abubakar Mubi, Malam Nuhu et Malam Hamman - ont été tués et plusieurs autres blessés, a ajouté Sani Usman.

La mort de Shekau annoncé à plusieurs reprises

« Il semble qu’il n’y a pas d’autre confirmation (de cette information) et nous devons nous rappeler que la mort de Shekau a déjà été annoncée à plusieurs reprises », a affirmé à l’AFP Omar Mahmood, de l’Institute for Security Studies (ISS), basé en Afrique du Sud.

« Toutefois, l’annonce intervient dans un contexte intéressant compte tenu des fractures au sein du mouvement et si Shekau était neutralisé cela porterait un coup fatal à sa faction », a-t-il ajouté.

Début août, le groupe État islamique, auquel Abubakar Shekau avait prêté allégeance en mars 2015, avait désigné un nouveau « wali » (chef) de Boko Haram, son ancien porte-parole Abou Mosab Al Barnaoui.

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Une semaine plus tard, Abubakar Shekau réaffirmait son leadership dans une vidéo dans laquelle il assurait faire « une responsabilité personnelle » du combat « contre le Nigeria et le monde entier ».

Les bombardements, une stratégie efficace ?

L’armée nigériane peut être tentée de justifier son recours à des raids aériens après que Boko Haram eut affirmé la semaine dernière que plusieurs des jeunes filles enlevées en 2014 à Chibok avaient été tuées dans des bombardements aériens, a jugé de son côté l’analyste de sécurité Ryan Cummings.

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« C’est l’armée nigériane qui nous dit que les bombardements aériens sont une stratégie efficace », a estimé l’expert.

Boko Haram, dont la rébellion a déjà fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis 2009, a subi des revers importants depuis un an, mais continue de mener régulièrement des attaques et des attentats dans les zones du nord-est du Nigeria bordant le lac Tchad.