Burqa: L'Allemagne s'oriente vers une interdiction partielle

RELIGION Le ministre allemand de l’Intérieur a insisté sur le fait que limiter le port de la burqa et du niqab n’était « pas une question de sécurité mais une question d’intégration »...

20 Minutes avec AFP

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Une femme en burqa à Saint-Denis.
Une femme en burqa à Saint-Denis. — SIMON ISABELLE/SIPA

La burqa bientôt partiellement interdite en Allemagne ? Le pays a en tout cas fait un pas en ce sens vendredi, alors qu’il est en plein débat sur l’intégration des musulmans dans le pays depuis des attaques jihadistes en juillet et avant d’importantes échéances électorales.

Le débat sur le voile intégral en Allemagne intervient aussi en pleine controverse en France sur l’interdiction dans certaines communes du burkini, maillot de bain couvrant corps et cheveux des femmes à la manière d’une combinaison de plongée.

« La burqa n’est pas compatible avec notre pays »

Le ministre allemand de l’Intérieur Thomas de Maizière a insisté lors d’une conférence de presse sur le fait que limiter le port de la burqa et du niqab n’était « pas une question de sécurité mais une question d’intégration » alors que son pays a accueilli en 2015 plus d’un million de migrants, majoritairement des musulmans venus de Syrie, d’Irak ou d’Afghanistan.

Le ministre, jugeant que « la burqa n’est pas compatible avec notre pays ouvert sur le monde », a prôné son interdiction « au volant, lors de procédures administratives, au service de l’état civil, dans les écoles et les universités, dans le service public, devant les tribunaux ».

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Mais il n’a donné aucun calendrier de mise en œuvre car si l’idée est soutenue dans les rangs conservateurs, elle n’a pas l’adhésion des sociaux-démocrates du SPD, alliés au sein du gouvernement à la CDU d’Angela Merkel et de Maizière.

D’ailleurs, de Maizière a présenté l’initiative dans le cadre d’une « Déclaration de Berlin » de ministres de l’Intérieur conservateurs des Länder allemands traitant de la sécurité et l’intégration des migrants après les deux attaques en juillet revendiquées par le groupe Etat islamique et commises par des demandeurs d’asile.

Le mauvais exemple français

Il a par ailleurs admis que le port du vol intégral « n’était pas un gros problème en Allemagne » mais que son interdiction partielle était « une mesure préventive ».

Cette « Déclaration de Berlin » recoupe des mesures déjà présentées le 11 août par le ministre, comme la déchéance de nationalité pour les combattants djihadistes à l’étranger, l’expulsion accélérée de migrants coupables de crimes et la promesse de moyens humains et techniques supplémentaires pour la police et le renseignement.

Si le voile intégral a été interdit dans plusieurs pays européens et fait l’objet de réflexion dans de nombreux autres, du côté des opposants allemands à l’interdiction, on relève volontiers l’échec de la mesure en France. « En France, la burqa est interdite depuis des années sans le moindre résultat. Le pays n’est pas plus sûr et les musulmans ne sont pas plus intégrés », relève sur son site l’hebdomadaire Der Spiegel.

Si l’intégration des migrants et la menace djihadiste sont au cœur du débat politique allemand depuis le début de la crise migratoire de 2015, ces thèmes ont pris une importance encore plus grande avant deux élections régionales (Mecklembourg-Poméranie occidentale et Berlin) en septembre et après les attaques de juillet.