Texas: Condamné à mort pour un homicide auquel il n’a pas assisté

ETATS-UNIS Le sort de Jeffery Wood, qui doit être exécuté mercredi, émeut le pays…

20 Minutes avec agences

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Le Texas s’apprête à exécuter le 24 août 2016 Jeffery Wood, un prisonnier qui devra payer de sa vie un homicide auquel il n’a pas assisté.
Le Texas s’apprête à exécuter le 24 août 2016 Jeffery Wood, un prisonnier qui devra payer de sa vie un homicide auquel il n’a pas assisté. — AFP/CA.Dpt of corrections/Archives

Le Texas s’apprête à exécuter mercredi prochain Jeffery Wood, un prisonnier qui devra payer de sa vie un homicide auquel il n’a pas assisté. L’homme, qui aura 43 ans vendredi, est jugé selon une loi en vigueur dans l’Etat américain, connue sous le nom de « law of parties » : peu importe qu’un suspect ait tué ou ait eu l’intention de tuer, la seule existence d’un projet criminel lié à un homicide suffit à faire encourir la même peine que l’auteur.

Les faits remontent à l’année 1996, Jeffery Wood est alors âgé de 22 ans. Le jeune adulte se trouve dans une voiture à l’arrêt pendant que son ami Daniel Reneau se prépare à dévaliser une station-service.

L’auteur exécuté en 2002

Mais tout bascule lorsque ce dernier tue l’employé du magasin d’une balle dans la tête. Entendant la détonation, Jeffery Wood se rue dans le local et démonte le système de surveillance vidéo sous les ordres de son acolyte.

Les deux hommes fuient mais sont interpellés le lendemain grâce aux informations recueillies pas la police auprès des témoins. Reneau et Wood écopent de la plus peine capitale, le premier ayant été exécuté en 2002.

« Ce dossier illustre de façon très forte le problème posé par la law of parties »

Dans le pays, le sort de Jeffery Wood émeut plus que d’ordinaire. Car si le Texas est loin en tête du nombre des exécutions parmi les 31 Etats américains qui appliquent la peine de mort, le cas de ce prisonnier fait figure d’exception.

« Je n’ai jamais vu qu’on exécute aux Etats-Unis quelqu’un avec un aussi bas niveau de culpabilité », assure à l’AFP l’avocate du condamné. « Je pense que ce dossier illustre de façon très forte le problème posé par la law of parties. »

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L’équipe de défenseurs du condamné a d’ailleurs saisi la cour pénale d’appel du Texas et a déposé un autre recours en clémence devant la Commission des grâces et libérations conditionnelles de l’Etat. Ils ont au minimum l’espoir d’obtenir un sursis repoussant l’injection létale prévue mercredi. Une cinquantaine de responsables religieux ont également adressé une lettre de demande de grâce au gouverneur du Texas, Greg Abbott.