Brexit: Des centaines de Britanniques se cherchent une autre nationalité pour rester Européens

EUROPE Les demandes de naturalisation explosent depuis le référendum du 23 juin, notamment auprès de l’Irlande et du Portugal...

20 Minutes avec AFP

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Des passagers devant le point d'embarquement Eurostar à la gare Saint Pancras à Londres (Royaume-Uni), le 12 août 2016.
Des passagers devant le point d'embarquement Eurostar à la gare Saint Pancras à Londres (Royaume-Uni), le 12 août 2016. — Tolga Akmen/LNP/Shutter/SIPA

Comment rester dans l’UE quand son pays a décidé d’en sortir ? Pour parer au Brexit, nombre de Britanniques sont partis en quête d’un passeport européen en se redécouvrant des ancêtres issus d’un des 27 Etats membres.

S’ils ignorent encore dans quelle mesure ils pourront continuer de vivre ou travailler librement dans l’Union européenne une fois le divorce entre Londres et Bruxelles prononcé, certains Britanniques ont déjà demandé la nationalité d’un autre Etat membre.

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10 % des Britanniques sont éligibles à la nationalité irlandaise

Pour cela, ils peuvent le cas échéant mettre à profit leurs origines irlandaises : environ 10 % des Britanniques sont éligibles à la nationalité du pays du trèfle, qui peut être accordée jusqu’aux petits-enfants de ses ressortissants.

Les demandes de passeports irlandais ont été telles au lendemain du référendum du 23 juin que le ministre des Affaires étrangères irlandais, Charlie Flanagan, a appelé à la patience, soulignant que les bureaux consulaires étaient sous « forte pression ».

Au même moment, l’ambassade d’Allemagne à Londres a elle aussi connu un « pic des demandes de renseignements ». De manière plus surprenante, quelque 400 descendants britanniques de juifs séfarades, persécutés et expulsés du Portugal il y a cinq siècles, ont sollicité la nationalité du petit Etat d’Europe du sud.

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« Une dizaine de demandes de renseignements par jour »

« Nous recevons une dizaine de demandes de renseignements par jour », explique Michael Rothwell, un porte-parole de la communauté juive de Porto, la grande ville du nord du Portugal. Avant le référendum, seuls cinq Britanniques avaient demandé à bénéficier d’une loi de mars 2015 qui offre à ces juifs séfarades la nationalité portugaise en guise de réparation pour les persécutions subies par leurs ancêtres à la fin du XVe siècle.

De son côté, le site de généalogie ancestry.co.uk a constaté une « hausse significative » de sa fréquentation après le référendum. « Nous avons vu le nombre d’internautes souscrivant à des périodes d’essai grimper de 40 %. Et en parallèle, sur une semaine, les recherches concernant des ancêtres irlandais ont augmenté de 20 % », explique Sue Moncur, l’un des responsables du site.