Putsch en Turquie: Deux peines de prison à vie requises contre Gülen

JUSTICE L’ex-imam accusé d’avoir ourdi le putsch avorté du 15 juillet a au total été condamné à plus de 2 000 ans de prison…

20 Minutes avec AFP

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Le prédicateur musulman Fethullah Gülen à Saylorsburg (Pennsylvanie), le 18 juillet 2016
Le prédicateur musulman Fethullah Gülen à Saylorsburg (Pennsylvanie), le 18 juillet 2016 — Thomas URBAIN AFP

Deux peines de prison à vie et une peine supplémentaire de 1.900 ans d'emprisonnement. Voilà à quoi l'ex-imam Fethullah Gülen, accusé d'avoir ourdi le putsch avorté du 15 juillet, a été condamné par le parquet turc.

Dans l'acte d'accusation long de 2.527 pages approuvé par les procureurs de la région d'Usak (ouest), le prédicateur, exilé aux Etats-Unis et dont Ankara réclame l'extradition, est accusé d'avoir «tenté de détruire l'ordre constitutionnel par la force» et «formé et dirigé un groupe terroriste armé», précise Anadolu.

En exil aux Etats-Unis depuis 1999

Gülen, 75 ans, bête noire du président Erdogan, qui vit en exil volontaire aux États-Unis depuis 1999, nie toute implication dans le coup de force. Il est accusé depuis des années d'être à la tête d'un «Etat parallèle», en particulier depuis la révélation en 2013 d'un scandale de corruption impliquant Erdogan.

Dans leur acte d'accusation, les procureurs accusent le réseau Gülen, baptisé par Ankara «organisation terroriste Fethullah» (FETO), d'avoir infiltré les institutions et les services de renseignement.

Le groupe s'est appuyé sur son réseau de fondations, écoles privées, entreprises, sociétés d'assurance ou encore médias pour prendre le contrôle des institutions turques, soutient l'accusation.

111 personnes visées dans cette affaire

La FETO est accusée d'avoir rassemblé des fonds versés par des hommes d'affaire sous couvert de «dons», et d'avoir transféré l'argent aux Etats-Unis via des banques aux Emirats arabes unis, en Afrique du Sud, Tunisie, Maroc, Jordanie et Allemagne, rapporte l’agence de presse Anadolu.

Une enquête avait été ouverte sur la FETO et son mode de financement en septembre 2015 par les procureurs de la région d'Usak. Depuis lors, 111 personnes ont été visées dans cette affaire et risquent entre deux ans de réclusion et la prison à vie. Treize suspects sont toujours en détention préventive.