RDC: Au moins 42 civils tués dans un massacre dans l'est du pays

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO Plusieurs centaines de personnes ont été assassinées depuis 2014...

M.C. avec AFP

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Rassemblement à Beni (est de la RDC) après un massacre, le 12 mai 2015.
Rassemblement à Beni (est de la RDC) après un massacre, le 12 mai 2015. — KUDRA MALIRO / AFP

Un deuil national de trois jours a été proclamé après cette tuerie qui a provoqué la colère de la population. Au moins 42 civils sont morts dans la nuit de samedi à dimanche à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo, un massacre attribué par l'armée de la RDC à des rebelles musulmans ougandais. Cette nouvelle tragédie intervient après une succession de massacres qui ont déjà fait plusieurs centaines de morts en moins de deux ans.

Le lieutenant Mak Hazukay, porte-parole de l'armée, a déclaré à l'Agence France Presse que des rebelles présumés des Forces démocratiques alliées (ADF) étaient responsables du massacre de Beni. Rebelles musulmans ougandais opposés au président ougandais Yoweri Museveni, les ADF sont présents dans l'est de la RDC depuis 1995. Ils sont accusés d'être les principaux auteurs des massacres qui se poursuivent dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Plus de 600 morts en moins de deux ans

La nouvelle attaque a eu lieu 72 heures après une visite dans la région du président congolais Joseph Kabila, pendant laquelle il a promis de tout mettre en oeuvre pour «imposer» la paix et la sécurité. Mais pour le lieutenant Hazukay, les ADF ont «contourné» les positions de l'armée congolaise «pour venir massacrer la population en guise de représailles» à des opérations militaires en cours dans la zone.

Dimanche, une centaine de personnes scandant des slogans hostiles au gouvernement et au président Kabila ont manifesté à Beni. Les manifestants portaient au moins un corps sans vie d'une des victimes de la tuerie, selon des témoins. Selon un militant des droits de l'Homme à Beni, les habitants des quartiers du nord de la ville «brûlent des pneus» dans la rue en signe de protestation contre la tuerie et contre les autorités. Les massacres qui ont endeuillé la ville et le territoire de Beni depuis octobre 2014 ont coûté la vie à plus de 600 civils.