Australie: La presse révèle des centaines de cas d'abus à l'égard des migrants

IMMIGRATION Des rapports font état de violences et sévices sexuels subis par les migrants détenus dans un centre en Australie...

L.C. avec AFP

— 

Des migrants dans le centre de Nauru, en Océanie, en septembre 2001.
Des migrants dans le centre de Nauru, en Océanie, en septembre 2001. — Rick Rycroft/AP/SIPA

Des révélations accablantes. La presse australienne publie ce mercredi des documents rapportant des centaines de cas d’abus à l’encontre des migrants refoulés par l’Australie et relégués sur l’île de Nauru, dont les organisations de défense des droits de l’Homme dénoncent régulièrement la situation.

Agressions et sévices sexuels

The Guardian a publié ce mercredi les « Nauru files ». Le journal a eu accès à plus de 2.000 rapports faisant état d’agressions, de sévices sexuels et de souffrances morales dont les migrants, parmi lesquels des enfants, auraient été victimes. Ces rapports ont été écrits par des membres du personnel du centre de détention de Nauru, à plus de 2.000 kilomètres des côtes australiennes, où se trouvent quelque 442 personnes. La République de Nauru est indépendante de l’Australie depuis 1968 mais le centre de migrants de Nauru est sous la responsabilité du département de l’immigration du gouvernement australien.

L’Etat australien est régulièrement critiqué par des organisations de défense des droits de l’Homme pour sa politique très dure envers les demandeurs d’asile. La marine australienne repousse systématiquement les bateaux de clandestins qui tentent de gagner le continent.

Ceux qui y parviennent sont placés dans des camps de rétention au large, à Manus, en Papouasie Nouvelle-Guinée et à Nauru, dans le Pacifique, ou sur l’île Christmas, dans l’océan Indien, le temps que leur demande d’asile soit instruite. Même si leur demande d’asile est jugée légitime, Canberra ne les autorise pas à s’installer en Australie.

>> A lire aussi : VIDEO. Australie: Un film financé par les autorités pour décourager les migrants fait polémique

Des témoignages du personnel d’un centre de détention pour migrants

Parmi les incidents cités par le journal, des gardes auraient menacé de mort un garçon et une jeune femme n’aurait été autorisée à prendre une douche plus longue qu’en échange de faveurs sexuelles. Les migrants sont dans un tel état de souffrance morale qu’une femme a tenté de se pendre et qu’une fille s’est cousu les lèvres. Une fillette a écrit sur son cahier d’école en 2014 qu’elle était « fatiguée » et voulait « mourir ».

Le Guardian, selon lequel il s’agit de la plus grosse fuite de documents de l’intérieur des services de l’immigration, indique que les enfants constituent plus de la moitié des victimes dans les 2.116 rapports analysés.

Le Premier ministre australien Malcolm Turnbull a déclaré que ces documents seraient examinés pour « voir s’il y a des plaintes ou des questions qui n’ont pas été traitées de façon adéquate ». Mais le gouvernement a soutenu qu’il s’agissait d’allégations, et affirmé qu’il ne changerait pas sa politique à l’égard des migrants.

La semaine dernière, Amnesty International et Human Rights Watch avaient accusé l’Australie de délibérément fermer les yeux sur les abus à l’encontre des réfugiés sur l’île de Nauru pour dissuader les demandeurs d’asile de tenter de rejoindre son territoire.