Pakistan: Au moins 70 morts dans un attentat revendiqué par les talibans et Daesh

TERRORISME Les talibans, mais également Daesh, ont revendiqué cette attaque suicide qui a dévasté un hôpital du Sud-Ouest du Pakistan et fait au moins 70 morts...

L.C. avec AFP

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Des habitants devant l'hôpital de Quetta, au Pakistan, où une bombe a explosé le 8 août 2016 faisant au moins 40 morts.
Des habitants devant l'hôpital de Quetta, au Pakistan, où une bombe a explosé le 8 août 2016 faisant au moins 40 morts. — Arshad Butt/AP/SIPA

Un attentat a visé ce lundi un hôpital de Quetta, dans le sud-ouest du Pakistan. Plus de 70 personnes ont été tuées et des dizaines ont été blessées lorsqu’un kamikaze a fait détonner lundi sa charge explosive au milieu d’une foule en deuil, quelques heures après l’assassinat du bâtonnier de la province.

Les talibans ont revendiqué cette attaque en milieu d’après-midi ce lundi. Mais Daesh a affirmé que l'attentat avait été mené par l'un de ses membres. «Un kamikaze de l'Etat islamique a déclenché sa ceinture explosive lors d'un rassemblement d'employés du ministère de la Justice et de la police pakistanaise dans la ville de Quetta», indique Amaq, l'agence de presse de Daesh.

Un attentat suicide selon la police

« Le bilan a atteint 70 morts et 112 blessés, » a indiqué à la presse le Dr Masoood Nausherwani, chef des services de Santé du Baloutchistan, province instable dont Quetta est la capitale. Ce bilan en fait le deuxième attentat le plus meurtrier au Pakistan cette année, après un carnage dans un parc pour enfants où une bombe avait tué 75 personnes lors du week-end de Pâques, à Lahore, revendiqué par les talibans.

L’assassinat du bâtonnier n’a pas été revendiqués jusque-là. Nombre de groupes armés, islamistes, anti-chiites ou encore séparatistes sont actifs au Baloutchistan. L’armée s’est déployée dans et autour des hôpitaux de la ville, selon le ministre.

La police a confirmé qu’il s’agissait d’un attentat suicide. « Le poseur de bombe s’était harnaché avec environ 8 kg d’explosifs, remplis d’éclats et de billes de métal » selon le chef des démineurs, Abdul Razzaq.

Quelques heures avant cette terrible explosion, le président de l’association du barreau de la province, Bilal Anwar Kasi, a été tué par des inconnus armés alors qu’il quittait son domicile pour aller travailler.

Une explosion d’une grande violence

Des corps jonchaient le sol, dans une mare de sang et de verre brisé, alors que des survivants choqués tentaient de se réconforter, a constaté un journaliste de l’AFP qui se trouvait sur place. Nombre des victimes portaient costume et cravate. Le journaliste de l’AFP se trouvait à 20 mètres de la foule au moment où l’explosion a retenti.

« Il y avait d’énormes nuages noirs et de la poussière », explique-t-il. « Je suis retourné en courant vers les lieux et j’ai vu des corps dispersés, et de nombreux blessés en train de pleurer. Il y avait des mares et des mares de sang, des morceaux de chair et des membres humains ».