Putsch raté en Turquie: La justice émet un mandat d’arrêt contre Fethullah Gülen

JUSTICE Cette démarche ouvre la voie à une demande formelle d’extradition…

20 Minutes avec AFP

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Le prédicateur Fethullah Gülen, le 24 septembre 2013, dans sa résidence aux Etats-Unis.
Le prédicateur Fethullah Gülen, le 24 septembre 2013, dans sa résidence aux Etats-Unis. — AFP

Accusé d’être le cerveau du putsch manqué du 15 juillet, Fethullah Gülen fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Turquie. Un tribunal d’ Istanbul a lancé ce jeudi un mandat d’arrêt à l’encontre du prédicateur exilé aux Etats-Unis. Les autorités turques accuse l’ex-imam, qui s’est exilé depuis 1999 en Pennsylvanie (est), « d’avoir ordonné la tentative de coup d’Etat du 15 juillet », qui a fait vaciller le pouvoir pendant quelques heures et tué 272 personnes, a annoncé l’agence progouvernementale Anadolu.

Cette démarche ouvre la voie à une demande formelle d’extradition de la bête noire du président Recep Tayyip Erdogan auprès de Washington.

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Fethullah Gülen a réagi à cette décision ce vendredi. Il a dénoncé l’absence d’indépendance de la justice turque, aux ordres du pouvoir. « Il est établi que le système judiciaire turc n’est pas indépendant, donc ce mandat d’arrêt est encore un exemple de la tendance du président Erdogan à l’autoritarisme et à s’éloigner de la démocratie », a-t-il déclaré, rappelant qu’il avait « condamné à plusieurs reprises la tentative de coup d’Etat en Turquie et nié toute connaissance ou toute implication » dans cette affaire.

Des relations turco-américaines tendues

Ce dossier promet d’empoisonner durablement les relations turco-américaines. Les Etats-Unis ont demandé des preuves à Ankara de l’implication de l’ex-imam septuagénaire qui vit reclus en Pennsylvanie. Les plus hauts responsables de Turquie avaient déjà réclamé de nombreuses fois aux Etats-Unis l’extradition du « terroriste » Gülen.

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Le chef de l’Etat turc a par ailleurs annoncé jeudi soir la venue du secrétaire d’Etat américain John Kerry pour la fin du mois, ce qui serait la première visite d’un haut diplomate occidental depuis le coup d’Etat manqué le 15 juillet. Un porte-parole du département d’Etat américain Mark Toner n’a pas confirmé cette visite.

La Turquie avait déjà émis un mandat d’arrêt contre Fetullah Gülen en décembre 2014 notamment pour avoir « monté et dirigé une organisation terroriste armée ».