Côte d’Ivoire: Dix ans de prison ferme pour deux soldats liés à l’attaque terroriste de Grand-Bassam

JUSTICE Les deux militaires auraient côtoyé des djihadistes ayant participé à l’organisation de l’attaque de la station balnéaire Grand-Bassam…

20 Minutes avec AFP

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La plage de Grand Bassam en Côte d'Ivoire victime d'un attentat, le 14 mars 2016
La plage de Grand Bassam en Côte d'Ivoire victime d'un attentat, le 14 mars 2016 — ISSOUF SANOGO / AFP

C’est une peine très lourde. Deux soldats ivoiriens ont été condamnés ce jeudi à dix ans de prison ferme chacun pour avoir côtoyé des djihadistes ayant participé à l’organisation de l’attaque terroriste de la station balnéaire de Grand-Bassam ayant fait 19 morts en mars. Les sergents Zanga Zoumana Coulibaly et Brice Touré, membre de la Garde Républicaine ivoirienne, ont été reconnus coupables de « violation de consignes » et « association de malfaiteurs » par le tribunal militaire pour avoir rencontré Assane Barry, dit « Sam », l’un des suspects de l’attentat.

Le tribunal a suivi la réquisition du commissaire du gouvernement, Ange Kessi, qui avait demandé « dix ans de prison ferme et 200.000 FCFA (305 euros) d’amende » pour chacun des accusés pour « s’être associé par leur cupidité, aux activités délictueuses (…) qui ont provoqué un désastre, une catastrophe, une calamité, un massacre en Côte d’Ivoire ».

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« Je suis innocent, je n’ai rien à voir avec cette affaire qui me dépasse »

La défense a « plaidé la relaxe pure et simple » de ses clients, estimant que l’enquête sur l’attaque de Grand Bassam en était « à ses balbutiements ». « Je suis déçu de cette condamnation » a réagi l’avocat de la défense, Me Raoul Gohi Bi, promettant de se pourvoir en cassation.

Jeudi à la barre, le sergent Coulibaly a déclaré « n’avoir rien à (se) reprocher ». « Je n’ai (pas) collaboré avec un quelconque terroriste », a-t-il lancé. « Je suis innocent, je n’ai rien à voir avec cette affaire qui me dépasse », a affirmé de son côté le sergent Touré, membre de la Garde Républicaine ivoirienne.

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L’arrestation de ces deux soldats avait été annoncée le 13 juillet par le procureur militaire, Ange Kessi. « On leur reproche d’avoir cohabité avec ces personnes, d’avoir échangé avec le chauffeur (du commando djihadiste). Ils disent qu’ils ne savaient pas que c’était des djihadistes. On leur répond : "Vous auriez dû savoir" », avait expliqué le 13 juillet le procureur lors d’un point de presse à Abidjan.