Douze ans après ses débuts, Obama appelle l'Amérique à «rejeter la peur»

ETATS-UNIS Le président américain a livré un plaidoyer en faveur d'Hillary Clinton et a férocement attaqué Donald Trump...

Philippe Berry
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Barack Obama en 2004, à Boston, et le 27 juillet 2016, à la convention démocrate de Philadelphie.
Barack Obama en 2004, à Boston, et le 27 juillet 2016, à la convention démocrate de Philadelphie. — PHOTOS AFP / PHOTOMONTAGE «20 MINUTES»

C’était il y a 12 ans, presque jour pour jour. Un jeune candidat au Sénat, alors inconnu, s’adressait aux démocrates à la convention de Boston. Après deux mandats à la Maison Blanche, Barack Obama s’est dit prêt à « passer le témoin » à Hillary Clinton, mercredi soir. Et dans un fervent plaidoyer pour « l’optimisme », il a appelé l’Amérique à « rejeter la peur » prônée par le « sauveur auto-proclamé » Donald Trump.

Obama a construit son discours en trois temps. Avec sa cadence et sa flamboyance des grands soirs, il a d’abord défendu son bilan. Le rebond économique après la grande récession de 2008, avec un taux de chômage revenu autour de 5 %, les 20 millions d’Américains supplémentaires qui disposent désormais d’une assurance santé, la mort de Ben Laden ou les progrès vers l’indépendance énergétique.

Donald Trump le monarque

Puis il s’est payé Donald Trump, le « sauveur auto-proclamé qui espère faire peur à suffisamment de personnes pour être élu ». Le candidat républicain « se rapproche de Poutine et chante les louanges de Saddam Hussein », a continué Obama, délivrant sa meilleure attaque : « Mais nous ne voulons pas être gouvernés [par un monarque] (we don’t want to be ruled). L’Amérique, c’est ''Nous, le peuple'' ».

Il en a appelé à Ronald Reagan, et à son discours « de la ville lumière sur la colline » tandis que pour Trump, l’Amérique « est une scène de crime divisée ». Le président a rappelé que l’immigration illégale et les crimes violents sont pourtant au plus bas. Il a toutefois reconnu qu’il « reste du travail à faire. »

« L’espoir, c’est vous, le peuple américain »


C’était la dernière partie de son discours. Ce travail à terminer, « personne n’a jamais été aussi préparé à le faire qu’Hillary Clinton, pas même moi ou Bill Clinton », a juré Obama, sous les rires de la foule. Reconnaissant les critiques dont la candidate, souvent jugée par trop calculatrice, trop froide, voire trop opportuniste, il a appelé tous les démocrates à se mobiliser le 8 novembre, même "s’ils ne sont pas d’accord avec elle sur tout". "Je sais qu’Hillary n’arrêtera pas tant que l’EI (Daesh) ne sera pas détruit. Elle ira jusqu’au bout de la mission, et elle le fera sans recourir à la torture et sans interdire à des religions entières d’entrer sur notre territoire".

Obama a refermé le dernier chapitre de sa présidence en reprenant le titre de son livre L’audace de l’espoir. « Cet espoir dont je parlais, c’était vous, le peuple américain. Je vous demande de me rejoindre, de rejeter la peur et le cynisme et de faire d’Hillary Clinton la prochaine présidente des Etats-Unis. » Si elle remporte l’élection, elle pourra dire merci à Barack et Michelle Obama.