Obama n'exclut pas que la Russie tente d'influencer la présidentielle américaine, Moscou et Trump démentent

POLITIQUE Le FBI poursuit ses investigations sur la fuite d’e-mails de hauts responsables du parti démocrate…

20 Minutes avec AFP
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Le président américain Barack Obama
Le président américain Barack Obama — MARK WILSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le président américain Barack Obama n’écarte pas la possibilité que la Russie tente d’influencer la présidentielle américaine en faveur du candidat républicain Donald Trump. « Tout est possible », a dit le président américain ce mercredi dans un entretien à la chaîne NBC News, dont des extraits ont été diffusés la veille, alors qu’il était interrogé sur la question d’une responsabilité de la Russie dans la vaste fuite d’e-mails de hauts responsables du parti démocrate.

Donald Trump a immédiatement réagi ce mercredi. « Je n’ai rien à voir avec la Russie », a tenu) préciser le candidat républicain à la Maison Blanche, lors d’une conférence de presse en Floride, ajoutant qu’il n’avait jamais rencontré le président russe Vladimir Poutine.

Embarras chez les démocrates

Ces courriels, publiés vendredi par le site Wikileaks, ont montré la méfiance et le mépris de responsables du parti pour Bernie Sanders, l’ex-rival d’Hillary Clinton pour la primaire démocrate. Barack Obama a précisé que le FBI continuait ses investigations sur la fuite, alors que la Russie a nié toute implication.

Cette fuite a provoqué l’embarras des démocrates en pleine ouverture de la convention du parti lundi à Philadelphie. Des experts en sécurité informatique recrutés par la campagne Clinton ont laissé entendre que la Russie en était responsable, estimant que son objectif était de favoriser le candidat républicain Donald Trump.

L’admiration de Trump pour Poutine

Mercredi, le New York Times a affirmé que les agences de renseignement américain ont désormais la « forte conviction » que le gouvernement russe se trouve bien derrière les fuites. Les services de renseignement ignoreraient toutefois si cette affaire relève d’un espionnage de routine ou si elle fait partie d’une opération visant à influencer l’élection présidentielle.

Barack Obama ne s’est pas exprimé sur les éventuels objectifs du piratage. Il a néanmoins rappelé les précédents commentaires de Donald Trump sur la Russie.

« Donald Trump a exprimé son admiration pour Vladimir Poutine à plusieurs reprises », a déclaré Barack Obama. « Et je pense que Trump a bénéficié d’une couverture plutôt favorable en Russie. »

Julian Assange monte au créneau

« Ce que nous savons, c’est que les Russes piratent nos systèmes. Pas seulement ceux du gouvernement, mais aussi des systèmes privés », a-t-il dit.

La société de cybersécurité CrowdStrike, saisie en avril après une intrusion suspecte dans les systèmes informatiques du parti démocrate, avait révélé avoir identifié « deux ennemis sophistiqués » liés aux services de renseignement russes.

Dans un entretien mardi soir à la chaîne américaine CNN, le fondateur de WikiLeaks Julian Assange a affirmé que « l’équipe de campagne de Hillary Clinton utilise des spéculations accusatrices concernant d’anciens piratages pour essayer de détourner l’attention de nos e-mails […] parce qu’ils ont un tel impact politique aux Etats-Unis ».

Pour protéger les sources de Wikileaks, a-t-il affirmé, « nous essayons de créer un maximum d’ambiguïté, [et] exclure certains acteurs reviendrait à faciliter l’identification de nos sources, donc nous ne le faisons jamais ». « Peut-être que la ou les sources sortiront de l’ombre. Ce pourrait être un moment intéressant, certaines personnes pourraient se retrouver dans l’embarras », a-t-il relevé.

Moscou dément

« Le président Poutine a dit à plusieurs reprises que la Russie n’avait jamais interféré et n’interfère pas dans les affaires intérieures (d’un pays), surtout pas dans les processus électoraux d’autres pays », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en réponse à une question sur les déclarations de Barack Obama.

« Si on veut parler de soupçons contre un autre pays, il faut au minimum être concret et précis. Enoncer des hypothèses dénote un manque d’approche constructive », a fustigé le porte-parole du Kremlin, soulignant que Moscou fait « très attention à éviter toute action, toute parole pouvant être considérée comme une ingérence directe ou indirecte dans la campagne électorale ».

Le président Vladimir Poutine s’est exprimé à deux reprises sur Donald Trump. Alors que les relations entre Washington et Moscou sont au plus bas depuis la fin de la Guerre froide en 1991, tout juste avait-il dans une déclaration consensuelle en juin salué la volonté de Donald Trump de rétablir entièrement les relations entre Moscou et Washington.

« Mais nous n’interférons jamais dans les processus politiques internes d’autres pays, surtout aux Etats-Unis. Nous allons travailler avec n’importe quel président élu par le peuple américain », avait-il affirmé.

Fin décembre, il avait qualifié le milliardaire américain d'« homme brillant et plein de talent ».