Fusillade à Munich: La politique d'accueil des migrants de Merkel de plus en plus contestée

ALLEMAGNE En Bavière, les récentes attaques font naître un sentiment d’insécurité dans la population…

Hakima Bounemoura

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Devant l'Olympia Einkaufszentrum où s'est déroulée la fusillade vendredi soir, les Munichois continuent de venir se recueillir.
Devant l'Olympia Einkaufszentrum où s'est déroulée la fusillade vendredi soir, les Munichois continuent de venir se recueillir. — Hakima Bounemoura

De notre envoyée spéciale à Munich (Allemagne),

L’Allemagne est sous haute tension. Jusque-là épargné, le pays vient de subir quatre attaques en moins d’une semaine. D’abord l’agression à la hache lundi dernier dans un train à Wurtzbourg en Bavière perpétrée par un réfugié afghan, puis la fusillade au centre commercial de Munich vendredi soir, commise par un étudiant germano-iranien.

Et ce dimanche, l’attaque à la machette à Reuntlingen d’un réfugié syrien et l’attentat à la bombe à Ansbach, près de Nuremberg, également commise par un réfugié syrien.

Cette accumulation d’événements tragiques, bien que sans lien les uns avec les autres, redonne de l’ardeur aux opposants à la politique d’ouverture aux réfugiés de la chancelière Angela Merkel, qui a jusqu'à présent tenu des propos très apaisants pour les familles des victimes.

La chancelière se retrouve aujourd'hui en première ligne

« C’est la faute de Merkel ! »

Dans le centre-ville de Munich, capitale bavaroise frappée vendredi soir par une fusillade qui a fait neuf morts, les langues se délient. Dans un café de Marienplatz, Mark s’emporte. « On a trop d’immigrés. C’est la faute de Merkel ! ». L’un de ses voisins tempère ses propos : « La chancelière devrait prendre des mesures, on ne peut pas rester sans rien faire ».

En Bavière, région touchée de plein fouet par ces violences, la grogne monte. Les gens sont de plus en inquiets. La plupart craignent que la prochaine attaque ne soit un vrai carnage. « L’Allemagne est pour l’instant passée entre les gouttes d’un véritable attentat, mais pour combien de temps ? », ajoute Mark.

« Nous n’avons pas été capables d’enregistrer tous les migrants »

Joachim Hermann, le ministre de l’Intérieur de Bavière, s’est dit inquiet ce lundi matin que « le droit d’asile soit discrédité » par les événements récents. « Nous n’avons pas été capables d’enregistrer et de contrôler tous les migrants qui ont franchi la frontière allemande », a de son côté déclaré Stephan Mayer, responsable de la politique intérieure au parti conservateur bavarois CSU.

La Bavière est la porte d’entrée en Allemagne des migrants. C’est une région dirigée par la CSU, farouche détracteur de la politique d’ouverture aux réfugiés entreprise par Angela Merkel. Ce parti de droite a d’ailleurs réclamé la semaine dernière un plafonnement de leur nombre en Allemagne.