Fusillade à Munich: «Il fait bon vivre ici, on n'a pas besoin de ces fous furieux»

TEMOIGNAGE Après la tristesse, Ali et sa famille qui habitent juste à côté du centre commercial Olympia ont laissé éclater leur colère ce samedi…

Propos recueillis par Hakima Bounemoura

— 

Ali habite juste à côté des lieux du drame. Il est venu se recueillir samedi après-midi.
Ali habite juste à côté des lieux du drame. Il est venu se recueillir samedi après-midi. — Hakima Bounemoura

De notre envoyée spéciale à Munich (Allemagne),

Aux abords de l’Olympia Einkaufszentrum de Munich, où neuf personnes sont mortes et plus d’une dizaine ont été blessées, des milliers de Munichois sont venus se recueillir. Parmi eux, Ali et sa famille. Le jeune étudiant habite juste à côté des lieux du drame. Par chance, il n’était pas chez lui ce vendredi soir. Le lycéen assistait au spectacle de fin d’année de son école. Mais ses parents, eux, ont assisté à une partie de la fusillade. Visiblement très choqués, les larmes aux yeux, ils n’avaient pas de mots pour décrire ce qu’ils ressentaient. Et ont préféré laissé leur fils raconter ce qu’ils ont vécu.

>> A lire aussi : «On était en état de siège»

« C’est un attentat, c’est un attentat » criaient les gens

« Mes parents ont d’abord entendu des petites déflagrations peu avant 18 heures. Mais comme tout le monde, ils n’ont pas imaginé une seconde qu’il s’agissait d’une fusillade. Ils ont pensé que les bruits venaient des enfants qui jouaient dans le parc voisin. Puis à nouveau, ils ont entendu des coups. Là, ma mère s’est penchée sur le balcon, elle a aperçu un homme qui se tenait près du McDonalds. Et des passants se sont mis à courir dans tous les sens en criant : « C’est un attentat, c’est un attentat ».

>> A lire aussi : Qui sont les neuf victimes?

« Rien ne sera plus comme avant »

« La chasse à l’homme a duré toute la nuit. J’étais suspendu au téléphone avec mes parents, en espérant que rien ne leur arrive. Quand j’ai finalement pu rentrer chez moi au petit matin, c’était le soulagement. Après la peur, j’éprouve maintenant de la colère. Munich est une ville paisible, où il fait bon vivre. On n’a pas besoin de tout ça, de ces fous furieux. Qu’ils se revendiquent de Daeshqu’ils soient extrémistes, on ne veut pas de ces gens-là ici. Ils ont cassé quelque chose, maintenant rien ne sera plus comme avant. »