Kaboul: Un attentat sanglant revendiqué par Daesh fait au moins 61 morts

AFGHANISTAN L'organisation Etat islamique (EI) a revendiqué samedi l'attentat meurtrier...

20 Minutes avec AFP

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La police afghane après l'attentat-suicide à Kaboul, le  20 juin 2016
La police afghane après l'attentat-suicide à Kaboul, le 20 juin 2016 — Rahmat Gul/AP/SIPA

Un sanglant attentat a fait des très nombreuses victimes dont au moins 61 morts, samedi, au coeur d’une manifestation pacifique de la minorité hazara à Kaboul.

L’organisation Etat islamique (EI) a revendiqué l’attaque via son agence de presse Amaq : « Deux combattants de l’Etat islamique ont fait exploser leurs ceintures explosives lors d’un rassemblement chiite dans le quartier Dehmazang à Kaboul en Afghanistan ».

Scènes d’apocalypse

Au moins « 31 personnes ont été tuées et environ 15O blessées » a indiqué le ministère de la Santé lors d’un premier bilan avant de revoir à 61 le nombre de tués. Une explosion s’est produite en fin de cortège alors que plusieurs milliers de manifestants, issus pour l’essentiel de la communauté hazara chiite dans l’Afghanistan majoritairement sunnite, défilaient depuis le matin dans le calme.

Un photographe de l’AFP accouru sur les lieux a rapporté des scènes d’apocalypse, décrivant « des dizaines de corps éparpillés autour de lui » dont beaucoup totalement « démembrés ». « Quand je suis arrivé sur place il y avait des dizaines de corps, plus de vingt que j’ai pu compter, certains totalement démembrés », a-t-il rapporté. « J’ai vu d’autres corps mutilés, embarqués à l’arrière d’un véhicule de la police. Il y a des mares de sang partout », a-t-il ajouté.

Des images insoutenables postées sur les réseaux sociaux montraient des corps martyrisés, à demi-dénudés, gisant au sol au milieu des débris. « J’ai entendu un bruit sourd tout près de mon oreille » a raconté un organisateur du défilé témoin de la scène, Jawad Naji, à l’AFP. « Il y a beaucoup de morts et de blessés autour de moi, je ne sais plus où je suis ».

Manifestation dans une ambiance bon enfant

Les manifestants, qui défilaient dans une ambiance bon enfant, parfois à vélo, de nombreuses femmes en tête du cortège, entendaient protester contre un projet de ligne à haute tension qui délaisse leur territoire, dans la province de Bamiyan (centre) : pour les dirigeants hazaras, ce tracé est un nouveau signe de discrimination à l’égard de leur communauté et de leur province, la moins développée d’Afghanistan.

Selon le photographe de l’AFP, des manifestants en colère ont commencé à s’en prendre aux forces de police qui ont ceinturé la zone de l’attentat, exprimant leur colère face à ce bain de sang.

Dans un communiqué, le président afghan Ashraf Ghani qui a exprimé sa « tristesse » a dénoncé ces « terroristes infiltrés au coeur d’une marche pacifique pour martyriser de nombreux citoyens », signalant que « des membres des forces de sécurité » figurent au nombre des victimes.

La minorité des Hazaras, qui compte trois millions de personnes, a été persécutée pendant des décennies et des milliers de ses membres ont été tués à la fin des années 1990 par Al-Qaïda et les talibans, majoritairement des pachtounes sunnites. Cette minorité qui appartient à l’islam chiite dans un pays majoritairement sunnite a été la cible de nouvelles violences au cours des derniers mois, dont des enlèvements et des assassinats qui ont suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux.