Fusillade à Munich: Ce que l'on sait du tueur

ALLEMAGNE Lors d’une conférence de presse, les enquêteurs et le parquet ont livré quelques éléments de personnalité du jeune homme suspecté d’être l’auteur de la fusillade à Munich…

H.S. avec AFP

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Des policiers d'élite allemands en intervention après la fusillade de Munich
Des policiers d'élite allemands en intervention après la fusillade de Munich — Andreas Gebert / dpa / AFP

Ce samedi matin, Munich, commune bavaroise du sud-est de l’Allemagne s’est réveillée groggy.La veille, un véritable état de siège a été instauré par les autorités suite à une fusillade qui a éclaté peu avant 16h à proximité et dans un centre commercial situé aux abords du stade olympique. Au total, neuf personnes, âgées de 14 à 45 ans, sont décédées. L’auteur de la tuerie, lui, s’est suicidé, vraisemblablement « d’une balle dans la tête », selon le porte-parole du procureur de Munich. A l’occasion d’une conférence de presse, la police locale et le parquet ont dessiné un profil plus précis du tireur.

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Un jeune Germano-Iranien « isolé » 

Âgé de 18 ans et inconnu des services de police en dehors d’une procédure liée à une manifestation en 2012 et victime d’un vol en 2010, David Ali Sonboly, Germano-Iranien, est né à Munich et vivait avec sa famille dans un immeuble de logements sociaux moderne et discret, au coeur d'un quartier (Maxvorstadt) plutôt aisé de la capitale bavaroise, non loin du centre. Selon une source policière citée par l'agence DPA, il était un fan de jeux vidéos de guerre et, plus symptômatique, un admirateur d'un jeune Allemand de 17 ans qui avait perpétré un massacre dans son école près de Stuttgart en 2009.

Selon les autorités, son acte n’aurait aucun lien avec Daesh : « Nous partons du principe qu’il s’agit dans cette affaire d’un acte classique d’un forcené ». « Nous avons trouvé des éléments montrant qu’il se préoccupait des questions liées aux forcenés » auteurs de tueries, notamment des livres et des articles de journaux, a ajouté le chef de la police de Munich, Hubertus Andrä, évoquant la récente attaque à la hache dans un train, revendiquée par Daesh.

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Un «lien évident» avec Breivik

Le procureur de Munich, Thomas Steinkraus-Koch, a précisé que le jeune homme souffrait « d’une forme de dépression » mais n’a pas pu confirmer l’information faisant état d’un traitement psychiatrique. Equipé de « 300 cartouches » pour armer son pistolet 9mm. le suspect, fils d’un chauffeur de taxi, aurait un « lien évident » avecle terroriste norvégien d’extrême droite, Anders Behring Breivik. Le chef de la police locale a notamment souligné que la fusillade était intervenue 5 ans jour pour jour après le massacre de 77 personnes. 

Scolarisé dans une école de la ville, le jeune homme aurait piraté un compte Facebook afin d’inviter les internautes à se rendre dans le restaurant devenu, par la suite, le théâtre de la tuerie. Enfin, sur une courte vidéo amateurlargement diffusée sur les réseaux sociaux vendredi soir peu après la tuerie, et authentifiée par la police, on voit un riverain injurier l’auteur de la tuerie, vêtu de noir et un pistolet à la main.

« Sale métèque », lui lance-t-il. Une voix qui semble celle de l’assaillant lui répond : « Je suis Allemand, je suis né ici. Dans un quartier de Hartz IV », le nom de l’allocation-chômage longue durée, synonyme en allemand de quartier défavorisé, avant de lancer : « J’étais en traitement hospitalier ». La police déplore toujours 16 blessés, dont trois très grièvement.