Fusillade à Munich: Ce que l’on sait de l’attaque qui a fait neuf morts

ATTAQUE Neuf personnes ont été tuées et 16 autres blessées vendredi soir lors de la fusillade survenue dans un centre commercial de Munich (sud de l'Allemagne), selon un bilan encore provisoire. Le tueur s'est suicidé... 

M.B. avec AFP

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Un policier à Munich près du centre commercial où a eu lieu la tuerie qui a fait au moins 10 morts le 22 juillet 2016.
Un policier à Munich près du centre commercial où a eu lieu la tuerie qui a fait au moins 10 morts le 22 juillet 2016. — STRINGER / AFP

Terreur à Munich. Un Germano-Iranien âgé de 18 ans a abattu neuf personnes, vendredi, dans un centre commercial dans le sud de l’Allemagne et ce pour des raisons encore non élucidées. 20 Minutes fait le point après les dernières informations livrées par la police de Munich samedi-midi lors d’un point de presse.

Que sait-on de l’attaque ?

C’est peu avant 16h00, vendredi, que l’alerte a été donnée. Un jeune homme, qui paraît habillé de noir selon une vidéo amateur, a ouvert le feu sur des passants en s’éloignant d’un restaurant McDonald’s proche d’un centre commercial situé près du stade olympique de Munich (sud de l’Allemagne).

On le voit tirer sur des personnes qui s’enfuient en criant. « On entrait dans le MacDo pour manger (…) ensuite il y a eu un mouvement de panique » et « les gens sont sortis en courant », a raconté une femme à la télévision publique bavaroise. Elle a entendu trois coups de feu, « des enfants pleuraient, les gens se sont précipités vers la sortie en paniquant », a-t-elle ajouté. Un homme, employé d’un des magasins du centre commercial, a raconté avoir croisé un assaillant : « Il a tiré sur deux personnes et j’ai pris la fuite pour quitter le bâtiment en escaladant un mur. Et là il y avait des cadavres et des blessés ».

Le tireur a ensuite pénétré dans le centre commercial et continué à tirer sur des badauds, selon les témoignages, avant de prendre la fuite. Une patrouille de police l’a alors blessé à l’arme à feu mais le jeune homme a réussi à prendre la fuite. Son corps sans vie n’a été trouvé que plus tard, vers 20h30, par la police, qui a constaté qu’il s’était donné la mort.

Le centre commercial est situé non loin du lieu où un commando palestinien avait pris en otage des athlètes israéliens pendant les Jeux olympiques de 1972, tuant onze d’entre eux.

Quel est le bilan ?

Neuf personnes ont été tuées auquel s’ajoute le décès de l’auteur de la tuerie. Les personnes décédées étaient âgées de 14 à 45 ans, selon la police qui a donné une conférence de presse samedi midi, huit victimes sur neuf étaient âgées de moins de vingt ans. Trois Turcs, trois Kosovars et un Grec comptent parmi les victimes. Par ailleurs, le tireur a blessé 16 personnes, dont trois grièvement. Unjournaliste du Guardian, citant des sources officielles locales fait état de dix personnes, dont un adolescent de 13 ans, « dans un état critique ». 

Qui est l’auteur de la tuerie ?

Les forces de l’ordre ont pensé dans un premier temps avoir affaire à trois auteurs car une voiture suspecte avec deux hommes à bord avait été aperçue par des témoins en train de fuir à vive allure près de l’endroit des faits. « Il s’est avéré que les deux hommes n’avaient absolument rien à voir » avec cela, selon le chef de la police, Hubertus Andrä. La piste d’un tireur unique s’est donc imposée.

Hubertus Andrä a indiqué que l’auteur était un « Germano-Iranien de 18 ans de Munich » où il a grandi. Il n’était pas connu des services de police et avait la double nationalité allemande et iranienne. Il fréquentait une école de la ville et selon la police a probablement tendu un piège à un certain nombre des victimes en « piratant » un compte Facebook, afin de les attirer sur les lieux de la tuerie. Selon les médias locaux, il vivait avec ses parents, dans un logement social où résident de nombreux étrangers ou Allemands d’origine étrangère. D’après les premiers éléments, il souffrait « d’une forme de dépression » et semblait fasciné par les questions « liées aux forcenés ». « Je ne l’ai jamais vu en colère, je n’ai jamais entendu de problème avec la police ou avec les voisins », a témoigné Delfye Dalbi, 40 ans, auprès de l’AFP, qui affirme être une de ses voisines. Selon elle, le jeune homme est le fils d’un chauffeur de taxi.

Quelles sont les motivations du tueur ?

« Nous partons du principe qu’il s’agit dans cette affaire d’un acte classique d’un forcené » qui a agi manifestement sans motivation politique, a déclaré le procureur de Munich Thomas Steinkraus-Koch. « Il n’y a pas d’autres raisons » à cet acte qui a fait 9 morts et 16 blessés, a-t-il ajouté. « Nous avons trouvé des éléments montrant qu’il se préoccupait des questions liées aux forcenés » auteurs de tueries, notamment des livres et des articles de journaux, a précisé lHubertus Andrä. Les enquêteurs ont d’ailleurs établi un lien « évident » entre la fusillade et Anders Behring Breivik, 5 ans jour pour jour après le massacre de 77 personnes perpétré par le tueur norvégien.

Alors que la tuerie de Munich intervient quatre jours seulement après une attaque à la hache dans un train, lundi à Wurzbourg, également en Bavière, par un demandeur d’asile de 17 ans qui s’est réclamé de l’organisation jihadiste Etat islamique (EI), la police a indiqué samedi matin que la fusillade d’hier n’avait « absolument aucun lien » avec l’EI. Selon le chef de la police, le tueur, qui transportait sur lui quelque 300 munitions, a crié quelque chose au moment de passer à l’acte mais l’enquête n’a pour l’instant pas permis de préciser ses paroles. Certains médias, citant des témoins, ont affirmé qu’il a crié « Allahou Akbar » (Dieu est grand) mais, samedi, la police a écarté tout lien avec la problématique islamiste.

Le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, a également précisé lors d'un point presse, que plusieurs éléments de l'enquête faisaient état d'une conversion du tueur au christianisme, une information qui n'a pas encore été confirmée par la police.